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Une photo de Jean Charest présentée lors d'un procès de l'UPAC

L'ex-premier ministre Jean Charest s'est retrouvé, bien malgré lui, au coeur des discussions du procès de sept hommes accusés d'avoir truqué un appel d'offres chez Revenu Québec.

Un texte de Yannick Bergeron

Lors de l'ouverture du procès mercredi matin au palais de justice de Québec, l'avocat de la poursuite a déposé 220 éléments de preuve, dont une photo montrant un des accusés en compagnie de Jean Charest.

La demande des médias, qui souhaitaient obtenir les pièces déposées en preuve pour les diffuser, a soulevé un certain malaise dans la salle d'audience.

Le procureur de la poursuite, Me Mathieu Longpré, a insisté: « monsieur Charest n'a aucune implication dans notre dossier ».

Me Longpré a tenu à préciser que la photo allait simplement servir à démontrer un point de caractère de Mohamed El Khayat.

L'ancien dirigeant de la firme EBR Informatique est accusé de fraude et complot et d'abus de confiance, tout comme d'autres employés d'IBM Canada et des fonctionnaires.

Selon la poursuite, ils auraient comploté afin d'obtenir un contrat de 14 millions de dollars du gouvernement pour développer une nouvelle plateforme informatique à l'Agence du revenu du Québec. Ils ont été arrêtés par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en mars 2015.

Questionné par le juge sur l'importance de la photographie dans sa preuve, le procureur de la poursuite a indiqué qu'elle permettra de démontrer le comportement de l'accusé El Khayat.

L'homme aimait, selon la poursuite, se montrer avec des personnes influentes pour augmenter sa crédibilité. Il avait joint cette photo à un de ses courriels envoyés à un coaccusé.

Dérive médiatique

Un des avocats de la défense a quand même demandé d'attendre avant de permettre aux médias de diffuser la photographie.

Me Maxime Roy avait communiqué l'information au bureau de Jean Charest et il a demandé un délai pour lui permettre de contester la demande des médias.

Me Roy, qui est par ailleurs l'avocat de Nathalie Normandeau, a dit s'inquiéter de l'utilisation que les médias pourraient faire du cliché, parlant même de dérive.

Il a rappelé que l'ex-premier ministre était lui-même sous enquête, citant Mâchurer, pour appuyer ses craintes.

Le juge devait trancher la question vendredi, mais en fin de journée jeudi, le bureau de Jean Charest a avisé le tribunal qu'il ne s'opposerait finalement pas à l'utilisation de la photographie par les médias.

Trois témoins

Depuis le début du procès, la poursuite a fait entendre trois témoins, des employées de Revenu Québec qui ont participé au processus d'appel d'offres visant à développer une nouvelle plateforme informatique.

L'une d'elles s'est dite surprise de voir qu'il y avait un écart marqué entre les besoins de l'Agence et les exigences de l'appel d'offres.

Selon elle, il y avait une pression importante pour que l'appel d'offres du projet de 14 millions soit lancé le plus rapidement possible.

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