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Une première étude sur un nouveau lien mécanique à Québec

Quel est le meilleur endroit pour aménager un lien mécanique entre la Basse-Ville et la Haute-Ville? C'est ce que tente de savoir l'administration Labeaume avec une récente étude pour « évaluer le meilleur scénario en termes de réduction de temps déplacement pour les modes actifs ».

Un texte de Jonathan Lavoie

Catherine Morency, professeure au département de génie civil, a étudié cinq scénarios fournis par la Ville afin de déterminer le meilleur endroit où aménager un lien mécanique, que ce soit un funiculaire, un ascenseur ou autre. L'étude de l'École polytechnique de Montréal a été déposée en février.

D’entrée de jeu, aux yeux de la chercheure, la pertinence d’un lien mécanique pour encourager les transports actifs à Québec ne fait aucun doute.

« C’est clair que la falaise est une frontière importante, si vous voulez augmenter la perméabilité pour les modes actifs, c’est certainement une stratégie », affirme Mme Morency.

Sur l’endroit idéal où aménager ce lien mécanique, les résultats de l’étude sont toutefois nuancés.

Encourager la marche ou le vélo?

Le lieu évoqué par le maire Labeaume en campagne électorale, à proximité de l’avenue Honoré-Mercier, ressort du lot pour son attractivité potentielle auprès des cyclistes.

Le projet de Régis Labeaume prévoit notamment la transformation du terrain de l'ancienne église Saint-Vincent-de-Paul en espace vert. La Ville devra toutefois d'abord exproprier le propriétaire de ce terrain laissé à l'abandon depuis des années, Jacques Robitaille.

Toutefois, selon l'étude de Polytechnique Montréal, les gains de temps à la marche seraient plus appréciables avec un lien mécanique aménagé plus à l’Est, près de l’Avenue de l’Alverne ou de la rue Philippe-Dorval.

Catherine Morency explique qu'un des objectifs d’un lien mécanique est d’encourager les automobilistes à passer à un mode de transport actif.

« À priori, avec ce qu’on observe, j’aurais tendance à penser qu’un transfert vers la marche est plus facile à réaliser. […] Pour faire des déplacements à vélo, on s’entend que ça prend aussi des aménagements ailleurs », relate l’experte des études sur les modes de transport.

Pour ce qui est des deux liens plus à l’ouest, dans le secteur du Vieux-Port, les gains de temps, que ce soit à la marche ou à vélo, sont nettement moins intéressants que dans les trois autres scénarios.

Données à venir

L’étude d’impacts a été réalisée à l’aide des données de l’enquête Origine-destination, réalisée par le ministère des Transports en 2011.

Cette enquête, réalisée tous les cinq ans, a recensé les habitudes de déplacement de plus de 25 000 ménages de la région.

Malgré la quantité et la qualité des informations recueillies, il existe des limitations importantes pour évaluer l’impact d’un lien mécanique à Québec, notamment parce que l’enquête est réalisée pendant l’automne.

« On a déjà des parts modales d’utilisation du vélo qui décline avec la venue de l’hiver, on n'a pas un portrait très parfait de l’utilisation du vélo », souligne notamment Catherine Morency.

Cette Enquête fait également abstraction de tous les déplacements effectués par les touristes. Il sera aussi intéressant de répéter l’exercice avec la nouvelle enquête Origine-destination réalisée à l’automne 2017, dont les résultats sont attendus en 2019.

« Quand on aura les données de l’enquête de 2017, ça va se faire beaucoup plus rapidement et ça va permettre aussi de valider les estimations qui ont été faites parce qu’on devrait retrouver des choses relativement similaires », conclut Catherine Morency.

La Ville de Québec a déboursé 23 000 $ pour cette première étude d'impacts sur l'aménagement d'un lien mécanique.

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