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Une Québécoise parmi les meilleures buteuses de la NCAA

Evelyne Viens ne rêvait pas de fouler les terrains de soccer aux États-Unis. La joueuse de L'Ancienne-Lorette est pourtant devenue cet automne, l'une des meilleures buteuses de la prestigieuse NCAA, le circuit universitaire américain. Et cela, à sa première saison.

Un texte de Jean-Philippe Martin

L'ancienne attaquante des Élans de Garneau n'a pas mis de temps à se faire un nom au sud de la frontière. À sa première campagne avec les Bulls de l'Université South Florida, à Tampa Bay, l'athlète de 19 ans a rapidement démontré l'étendue de son talent offensif.

Avec 16 buts en 18 matchs, elle a égalé le record de buts en une saison dans l'histoire des Bulls. Sa récolte fait d'elle la 4e meilleure buteuse de toute la NCAA.

Ses exploits lui ont valu le titre de recrue de l'année de la conférence American Athletic. « C'est certain que je suis surprise! », reconnaît Evelyne Viens.

« En arrivant en Floride, je souhaitais seulement faire partie des 22 joueuses qui forment "l'équipe de voyage". Mais, ça n'a pas été long que j'ai fait ma place au sein du 11 partant. »

Remplir le filet adverse est une chose, mais le faire avec humilité en est une autre. « Je marque des buts, oui. Mais c'est pour faire gagner l'équipe. » Voilà ce qu'Evelyne répond lorsqu'on lui demande de commenter ses succès individuels. Cette attitude attire le respect de ses coéquipières.

« Nous avons vu dans le passé des joueuses de première année marquer des buts et s'approprier toute l'attention, ce qui peut déplaire aux autres joueuses de l'équipe, explique son entraîneuse, Denise Schilte-Brown.

Rien n'indiquait qu'Evelyne Viens poursuivrait sa carrière aux États-Unis. La joueuse, qui parlait peu l'anglais, n'avait pas l'intention de quitter sa famille et ses amis pour jouer au soccer, jusqu'à ce que vienne, par hasard, l'offre des Bulls.

« Mon adjoint, Jason [Dowiak], s'est rendu au Québec pour évaluer des joueuses, raconte Denise Schilte-Brown. Quand il est revenu de son voyage, il ne me parlait que d'Evelyne et non des autres joueuses! Nous l'avons contactée pour sonder son intérêt de jouer aux États-Unis. Elle a visité notre campus et ça a cliqué! »

L'arrivée d'Evelyne Viens ne pouvait mieux cadrer pour les Bulls, qui ont perdu plusieurs joueuses d'expérience à la fin de la saison 2015.

Les entraîneurs se sont rapidement rendus compte que le groupe de recrues, avec la Québécoise en tête, pouvait transformer une saison de reconstruction en saison de succès.

Les Bulls ont remporté 11 victoires de suite et espèrent maintenant se qualifier pour le tournoi national de la NCAA.

Même si Evelyne Viens se présente comme l'une des attaquantes les plus redoutables des rangs universitaires américains, elle ne semble pas, pour l'instant, faire partie des plans du programme de développement de Soccer Canada.

Non seulement elle ne figure pas au sein de l'alignement de l'équipe canadienne en vue de la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans qui sera disputée ce mois-ci en Papouasie-Nouvelle-Guinée, mais Evelyne n'a été invitée à aucun camp de sélection.

À la fédération canadienne, impossible de savoir si le nom de l'attaquante a été soulevé par les responsables du programme de développement.

Ancienne membre de l'équipe nationale, Denise Schilte-Brown a fait parvenir à Soccer Canada des séquences vidéo d'Evelyne. Elle est convaincue que la fédération prend bonne note de l'émergence de la joueuse et croit que ce n'est qu'une question de temps avant qu'Evelyne Viens n'endosse le maillot canadien lors de matchs internationaux.

« [Les dirigeants de Soccer Canada] auront toute une surprise quand ils vont réaliser à quel point elle est bonne! Je pense qu'elle connaîtra beaucoup de succès. Elle mérite sa place, mais parfois, il faut du temps et l'opportunité tarde à se présenter, mais je sais qu'elle y parviendra », ajoute l'entraîneuse.

Evelyne Viens ne se soucie pas du silence radio de Soccer Canada. Mais si l'invitation se présente, elle acceptera le défi.

« Si l'équipe canadienne m'invite, c'est sûr que je vais y aller avec plaisir et je vais essayer de leur montrer ce que je suis capable de faire. Mais pour l'instant je me concentre sur mon équipe universitaire », explique la joueuse collégiale de l'année au Canada en 2015.

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