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Une saison sous le signe de la vitesse pour Marie-Michèle Gagnon

« Dans une année olympique, il faut se concentrer sur sa meilleure chance de médaille. » Marie-Michèle Gagnon sait sur quoi elle veut miser en route vers Pyeongchang : le combiné alpin. Elle en a fait une priorité et a recentré son entraînement autour des épreuves de vitesse. La Québécoise s'est découvert du même coup une énergie nouvelle.

Un texte de Guillaume Boucher

« C’est drôle! Le combiné a toujours été l’épreuve dans laquelle je suis la plus constante, mais je ne faisais aucun entraînement de vitesse », souligne avec ironie Marie-Michèle Gagnon, rencontrée mercredi à Montréal dans un cocktail réunissant des membres des équipes canadiennes de ski alpin et de ski cross.

La vitesse est pourtant quelque chose de naturel pour elle. La skieuse de 28 ans rappelle fièrement que c’est en super-G qu’elle s’est qualifiée pour la première fois en équipe nationale, avant d’être dirigée vers des épreuves techniques à la suite d’une fracture à une jambe.

« Quand tu es jeune, c’est important de développer le côté technique du ski avant d’aller dans la vitesse. Je ne regrette rien », dit-elle à propos de son parcours.

Si elle fait une plus grande place à la vitesse, c’est parce que le slalom, l’épreuve technique du combiné alpin, était devenu « un poids » dans son programme.

« Ç’a toujours été ma discipline de choix. Mais les deux dernières années, ç’a été plus difficile, explique-t-elle. J’avais moins de résultats, moins de constance. »

On la sent sereine avec sa nouvelle approche du slalom, auquel elle consacre moins de temps, au profit du super-G, de la descente et du slalom géant.

« Je me suis moins entraînée que les dernières années en slalom, je suis moins préparée, mais je suis quand même dans un bon état d’esprit, explique-t-elle. En sachant que je ne suis pas aussi préparée qu’avant, je me dis que je n’ai qu’à faire de mon mieux et tout d’un coup, ça m’enlève un poids des épaules. »

« Une nouvelle énergie »

La saison dernière, Marie-Michèle Gagnon a obtenu ses meilleurs résultats en combiné : une 4e place en Coupe du monde à Crans-Montana et une 6e aux Championnats du monde. Son virage vers la vitesse lui donne une nouvelle énergie pour attaquer cette épreuve.

« J’ai trouvé quelque chose d’excitant. » « Je tripe vraiment. » « Je me sens légère. » Elle ne manque pas de formules pour exprimer la joie que lui procure son renouveau. Ses yeux brillent quand elle raconte son premier camp de vitesse en 10 ans, cet été au Chili, aux côtés de Lindsey Vonn et autres Ilka Stuhec.

Pour réussir ce virage, comme l’a fait son ancienne coéquipière Britt Janyk il y a quelques années, Gagnon doit chasser l’inconfort qu’elle ressent sur des pistes glacées et des pentes prononcées. C’était d’ailleurs un des objectifs de son camp au Chili.

« Je dois aussi essayer de renforcer mes bases techniques en terrain modéré ou facile, pour skier parfaitement, ajoute-t-elle. Pour qu’une fois rendue sur une pente à pic, je puisse mieux m’adapter. »

La skieuse de Lac-Etchemin est consciente du travail qui l’attend, mais ne veut pas trop en faire. Elle entre avec sagesse et prudence dans cette nouvelle étape de sa carrière. Elle refuse par exemple de chiffrer ses objectifs des courses qui l’attendent en Coupe du monde cet automne ou à Pyeongchang pour ses troisièmes Jeux olympiques.

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