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Une société fédérale doit gérer le pont de Québec, plaident des experts

La société Les Ponts Jacques Cartier et Champlain inc. (PJCCI) doit gérer le pont de Québec, plaident des experts devant l'éventualité d'une acquisition de la structure centenaire par le gouvernement fédéral.

Un texte de Charles D'Amboise

Le gouvernement Trudeau est toujours « en négociations constantes » avec le Canadien National (CN) dans le but d'acquérir le pont. Le rachat du pont de Québec par Ottawa n'est pas coulé dans le béton, mais le député Joël Lightbound assure que le dossier du pont de Québec est « une priorité ».

Dans ce contexte, Mario Fafard, professeur de génie civil spécialisé en structures à l'Université Laval, estime qu'Ottawa doit se tourner vers une société d'État « qui possède déjà une telle expertise ». « C'est un choix logique », estime-t-il.

« Le pont Jacques-Cartier, c'est un pont plus jeune. Mais c'est quand même un pont en acier, ils ont des similitudes. […] Toute la réparation et la peinture du pont Jacques-Cartier, c'est eux qui s'en occupent depuis qu'il existe. »

Agissant comme d'autres sociétés d'État fédérales comme Postes Canada ou VIA Rail, le PJCCI relève principalement du ministère de l'Infrastructure et des Collectivités.

Christian Lemay, directeur en expertises de ponts et ouvrages d'art chez Stantec, soutient pour sa part que la création d'une nouvelle société à Québec serait « loin d'être évident[e] ».

« Les ingénieurs qui ont beaucoup de compétences en pont, il n'y en a pas 500 dans la province. Les spécialistes se font appeler chaque semaine pour se faire offrir des jobs partout dans le monde. Au Québec, on paie moins qu'ailleurs. Ça ne serait pas évident de partir avec un nouveau bureau et d'attirer les bonnes personnes pour le gérer. Ce n'est pas si facile. »

« Solution idéale »

Ayant pris part à une vaste étude sur l'avenir du pont de Québec, le comptable et président de la firme Mallette, Mario Bédard, estime aussi qu'un tel scénario serait idéal pour assurer la pérennité du pont de Québec.

« Je serais très heureux de cette situation […] Ce qui compte, c'est qu'on ait une société qui ait comme mandat de s'occuper du pont. Présentement, c'est une entreprise privée qui en est propriétaire. C'est de l'argent qui sort de différents ministères. Ce n'est pas maximisé. »

« Parfois, il y a des réparations qui sont faites par le CN. D'autres fois, il y en a qui sont faites par le ministère des Transports. Ces travaux-là pourraient être faits conjointement et ça maximiserait les travaux qu'on peut faire avec le même montant d'argent. »

M. Bédard n'écarte pas la création d'une société qui relèverait du gouvernement du Québec. « Que ce soit une société fédérale ou une société provinciale, ce qu'on veut, c'est que toutes les sommes d'argent qui sont investies pour le pont de Québec soient gérées par une société unique. »

Lors de la dernière campagne électorale fédérale, Justin Trudeau s'est engagé à repeindre le pont de Québec. Selon une étude de la firme Roche datant de 2015, la facture pour la peinture sur la structure pourrait atteindre 400 millions de dollars sur une période de 15 à 20 ans.

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