Éric Barbeau a consommé de la drogue pendant une grande partie de sa vie. La toxicomanie lui a ravi un fils et des amis. Il consacre maintenant son temps et son énergie à rescaper ceux qu'il peut.

Éric Barbeau avait neuf ans quand il a commencé à consommer des drogues chimiques.

Mes amis sont tous morts, il reste juste moi. Le dernier, c'est l'année passée, ils l'ont retrouvé assis à Lévis avec une seringue dans le bras, c'était fini.

Éric Barbeau

S'il a arrêté de consommer du jour au lendemain, c'est pour s'occuper de ses deux garçons. Il avait 27 ans. « J'ai arrêté de me droguer, pis j'ai commencé une nouvelle vie ça fait maintenant 11 ans que je suis sobre. »

Son corps porte les marques de ses 11 années de sobriété. Chaque année, une branche pousse sur son bras rempli de tatouages.

Ses garçons, qui ont grandi au centre-ville de Québec, ont commencé à fleureter tôt avec la toxicomanie. Leur père a alors acheté une maison en campagne, à Saint-Marc-des-Carrières, pour les éloigner de la drogue et les initier au plein air. Malgré tout, les deux adolescents se sont enfoncés de plus en plus dans la criminalité et la consommation.

« Moi, j'essayais de les tenir, mais avec la loi du 14 ans, on a beau demander de l'aide, on n’a pas de réponse. » Le père de famille voulait envoyer ses fils en thérapie, mais la loi sur le consentement aux soins d'un mineur de 14 ans et plus l'en a empêché. Tous les jours, il faisait le ménage de la chambre de son plus jeune, Cédrick, et jetais la drogue qu'il y trouvait.

La nuit, il dormait sur le divan pour s'assurer que son fils ne sorte pas, mais il entendait quand même la fenêtre claquer quand son garçon rentrait de faire des livraisons de drogue.

À 14 ans, Cédrick meurt après avoir consommé du dépoussiéreur en aérosol. Un produit disponible en vente libre qui contient du difluoroéthane, une substance euphorisante, mais toxique.

Oui c'est l'fun, oui c'est payant prendre de la drogue, mais au bout de la ligne, il reste juste des souvenirs.

Éric Barbeau

Éric Barbeau raconte maintenant son histoire et celle de son fils dans l'espoir de sauver des vies. « J'ai rescapé le meilleur ami de Cédrick qui était aussi un toxicomane, je l'ai fait rentrer où je travaille. Aujourd'hui il travaille, il ne consomme plus. J'en ai sauvé un. Mon grand garçon ne consomme plus non plus. »

La sienne restera marquée à jamais par la toxicomanie. Aux branches tatouées sur son bras se sont ajoutés deux autres tatouages, les années de naissance et de décès de son fils Cédrick marquent ses jointures.

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