Retour

Une visite du Vieux-Québec adaptée aux non-voyants

Une visite guidée et pédestre du Vieux-Québec est désormais proposée aux personnes non voyantes qui peuvent, sur réservation, en apprendre sur la riche histoire de ce secteur grâce aux sensations, à l'odeur et aux mots.

Un texte d’Alain Rochefort

Intitulée « Vieux-Québec : Touchez & Ressentez », la visite d’une durée de deux heures vise à permettre aux personnes vivant avec un handicap visuel de contempler à leur façon un joyau du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Xavier Chambolle, guide touristique certifié de la ville de Québec et Lévis pour l’entreprise Tours Accolade, est l’un des animateurs de ce tour de ville bien particulier qui débute dans le quartier Petit Champlain pour se terminer à la porte Saint-Louis, en Haute-Ville.

« Nous leur faisons ressentir notamment par les pieds avec le pavé, avec les galets du secteur et ils peuvent ressentir par exemple les fondations de la seconde habitation de Champlain », souligne M. Chambolle.

L’environnement physique est donc davantage exploité pour expliquer du mieux possible ce qui ne peut être vu.

« On touche des éléments au sol. On touche des statues également pour ressentir les détails. Aussi bien des personnages historiques que des scènes historiques. On va toucher des murs pour parler d’architecture », ajoute le guide touristique.

S’adapter aux non-voyants

Un tel parcours adapté aux non-voyants signifie une préparation bien différente pour les guides.

« On ne peut pas se baser sur la vue des voyageurs parce qu’ils ne peuvent pas voir. L’enjeu, c’est d’utiliser les autres sens, mais aussi de bien décrire un bâtiment que nous voyons, pour qu’eux réussissent à se l’imaginer », indique M. Chambolle.

Étroite collaboration

Ce projet de l’entreprise Tours Accolade a été réalisé de concert avec le Regroupement des personnes handicapées visuelles (régions 03-12). Ses membres ont donné entre autres des avis constructifs à la suite de tests effectués l’année dernière.

« Ils nous ont expliqué notamment à quel point c’est exigeant intellectuellement, donc il y a des pauses pour se ménager. Se déplacer dans la ville avec un chien-guide, il y a aussi des contraintes », conclut M. Chambolle.

Avec les informations de Martine Côté

Plus d'articles