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Université populaire sur le vivre-ensemble à Québec

Le 16 juin, le jardin Jean-Paul L'Allier se transformera en véritable université populaire. Interpellés par le défi du vivre-ensemble à Québec, une vingtaine de chercheurs organisent un événement gratuit où se mélangeront présentations, ateliers, débats et spectacles musicaux.

Un texte d’Alexandre Duval

« On a été interpellés par le débat public dans la dernière année », explique l’une des chercheuses responsables de l’événement, Madeleine Pastinelli.

Attentat à la grande mosquée, tensions autour du projet de cimetière musulman, manifestations contre l’arrivée des réfugiés, propos dégradants à l’égard de la diversité sexuelle : les exemples dans l’actualité récente sont nombreux, déplore la chercheuse.

Professeure au département de sociologie de l’Université Laval, Mme Pastinelli indique qu’avec quelques collègues, elle s’est demandé comment elle pourrait « faire partie de la solution ».

L’idée qu’ils ont retenue est la suivante : organiser une journée d’échanges, de 10 h à 21 h, où le grand public viendra s’informer et débattre de plusieurs questions liées au vivre-ensemble, dans une ambiance festive.

« On a demandé aux chercheurs d’être créatifs et de nous faire autre chose que des grandes conférences », illustre Mme Pastinelli, qui admet que les activités universitaires « ne sont pas toujours très sexy » pour monsieur, madame Tout-le-monde.

Des activités interactives sont donc au menu, comme un quiz sur l’immigration. Les chercheurs se rendront aussi disponibles discuter de manière informelle avec les citoyens qui en auront envie.

Se voulant « informative et festive », la journée sera ponctuée de prestations artistiques. Le chanteur Karim Ouellet doit notamment offrir un spectacle. Il est également prévu que l’artiste de rue Wartin Pantois dévoile une œuvre.

Démystifier divers sujets

Les thèmes abordés au cours de cette université populaire dépasseront largement les enjeux liés à la religion, promet Mme Pastinelli. « On ne vit plus dans une société blanche francophone homogène », illustre-t-elle.

À titre d’exemple, la chercheuse affirme que le public en apprendra plus sur l’histoire de l’immigration au Canada. Il sera aussi question des origines de la laïcité, ou encore de la différence entre un réfugié et un immigrant.

Ouvrir un espace de débat

Bien que cette université d’été se déroulera dans le contexte précis de Québec, Mme Pastinelli indique que l’événement aurait pu être organisé pratiquement n’importe où.

« Les tensions qu’on vit à Québec en lien avec la pluralisation de notre société, elles n’ont rien d’unique! Il se passe la même chose dans l’ensemble des sociétés occidentales. »

Elle espère surtout que l’événement permettra de diffuser les connaissances universitaires au plus grand nombre, tout en ouvrant « un espace de débat apaisé ».

Pour l’occasion, un chapiteau sera installé au jardin Jean-Paul-L’Allier. Les citoyens pourront y entrer et en sortir comme bon leur semble, sans avoir à rester toute la journée. Le site devrait avoir une capacité d’accueil d’environ 200 personnes.

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