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Vers une pénurie de places dans les écoles de Charlesbourg

À la rentrée 2019, les écoles secondaires de Charlesbourg auront atteint leur capacité maximale. Des parents craignent que certains élèves soient forcés de parcourir de très longs trajets en autobus pour se rendre en classe, alors que le ministère de l'Éducation a refusé la construction d'une nouvelle école.

Un texte de Jonathan Lavoie

Selon le président du Comité des parents de la Commission scolaire des Premières-Seigneuries, Jean-Christophe Cusson, bien que la situation s'annonce stable pour l'automne, des centaines d'élèves n'auront plus accès à leur école de quartier à compter de 2019.

La pénurie de places touche principalement la polyvalente de Charlesbourg, l'école secondaire des Sentiers et l'école secondaire le Sommet.

« Les transports d'étudiants, de ce qui nous a été transmis par la commission scolaire, iraient de 60 à 90 minutes alors que les normes du ministère à l'heure actuelle sont de 30 minutes », déplore le père de quatre enfants.

1800 places manquantes en 2023-2024

À moyen terme, les perspectives ne sont pas plus réjouissantes. « À partir de 2023-2024, il va manquer 1800 places sur l'ensemble du territoire de la commission scolaire », souligne Jean-Christophe Cusson.

Selon lui, ces chiffres justifient amplement les projets d'agrandissement ou la construction d'une nouvelle école jusqu'ici refusés par le ministère de l'Éducation.

Sans nouvelles places, Jean-Christophe Cusson craint que de nombreux élèves soient forcés de recevoir leur éducation dans des classes temporaires pendant plusieurs années.

Dans la dernière semaine, le Comité indique avoir reçu plus d'une centaine de courriels de parents inquiets.

Dans l'espoir de faire avancer le dossier, le Comité de parents des Premières-Seigneuries a récemment envoyé une lettre au ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, pour lui exposer la situation et lui demander une rencontre.

Mésentente sur l'achalandage

Le président de la Commission scolaire des Premières Seigneuries (CSPS), René Dion, avance que ce serait une différence sur la façon de calculer l'achalandage des écoles qui auraient motivé le ministère à refuser les demandes d'agrandissement ou de construction d'une nouvelle école.

Il soupçonne que les calculs du ministère sont peut-être basés sur des classes à 28 élèves, sans considération pour les classes d'élèves en difficulté où les jeunes sont moins nombreux dans chaque local.

« Chez nous, on accueille quand même beaucoup d'élèves en difficulté. [...] Dans ces classes-là, on n'intègre pas une vingtaine d'élèves, c'est peut-être 8 ou 10 », explique René Dion.

Une rencontre est d'ailleurs prévue aujourd'hui entre les représentants de la commission scolaire et du ministère pour éclaircir la situation.

René Dion ne se fait toutefois pas d'illusion, il serait surprenant de pouvoir lancer des travaux d'agrandissement ou de construction dès cette année.

Dans une réponse par courriel, le ministère de l'Éducation rappelle que les demandent pour les nouvelles écoles et les agrandissements totalisaient deux milliards de dollars cette année. Les projets ont été retenus « en fonction des besoins les plus criants de sorte à respecter l'enveloppe budgétaire disponible ».

Un total de 50 projets ont été financés pour un montant total de 608 millions de dollars à l'échelle de la province.

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