Qu'ont en commun l'ancien premier ministre Jean Lesage, la chanteuse Alys Robi, l'écrivaine Monique Corriveau et l'historien François-Xavier Garneau? Ils sont tous inhumés au cimetière Notre-Dame-de-Belmont à Québec. Pour en apprendre davantage sur ces personnalités et leur époque, pourquoi ne pas s'offrir une visite guidée des lieux.

« Ça fait partie des moeurs des Québécois quand ils voyagent à l'étranger, en France ou aux États-Unis, d'aller visiter le Père-Lachaise, à Paris, ou le cimetière d'Arlington, à Washington », souligne Johanne Gagnon, qui a eu l'idée d'offrir des visites guidées du cimetière Notre-Dame-de-Belmont.

Un circuit touristique est proposé deux fois par semaine. Aménagé en 1859 et abritant des immenses arbres qui ont parfois jusqu'à 300 ans, le cimetière-jardin de l'arrondissement Sainte-Foy mérite à lui seul qu'on s'y attarde. Il figure d'ailleurs dans le répertoire du patrimoine du Québec.

« C'est un cimetière d'une grande beauté. Quand on arrive ici, c'est comme si on était ailleurs. C'est un endroit calme et serein », avance Mme Gagnon, responsable du développement pour la Compagnie du cimetière Saint-Charles qui organise les visites.

Environ 200 personnalités qui ont marqué l'histoire de Québec reposent au cimetière. Mme Gagnon en a choisi 15 qu'elle fait découvrir aux visiteurs à grand renfort d'anecdotes.

Un détour sur la tombe de Jean Lesage est un prétexte pour s'attarder aux grands moments de la Révolution tranquille. Sept premiers ministres du Québec y sont enterrés.

L'épicier J. A. Moisan, l'essayiste Arthur Buies, Sir Adolphe-Basile Routhier, celui qui a écrit le Ô Canada en 1880, le pilote Pierre Laurin qui est mort dans l'explosion de l'avion qui a inspiré le Crime d'Ovide Plouffe; tous ont un parcours digne de mention.

Des coutumes d'une autre époque

Le cimetière abrite également huit chapelles privées, des mausolées destinés aux familles fortunées.

« C'est une petite maison qui peut être d'inspiration italienne ou gréco-romaine. Je parle de l'organisation de ça, de comment les défunts sont placés à l'intérieur de ça. Pourquoi les gens faisaient construire ça à l'époque », explique Mme Gagnon.

On peut apprendre également que le cimetière qui aura 160 ans l'an prochain a été créé à la suite d'une tragédie marquante pour la population. Entre 1832 et 1854, Québec a été la ville canadienne la plus touchée par les épidémies de choléra.

« Il a été décidé que tous les cimetières qui étaient dans la ville seraient fermés et qu'on ouvrirait un cimetière à 5 milles de la ville, donc ici », raconte Johanne Gagnon pour expliquer l'emplacement éloigné.

Dans un secteur où l'on retrouve les pierres tombales d'enfants en bas âge, la guide explique aux visiteurs qu'il était commun autrefois d'enterrer les jeunes enfants tous ensemble. Ceux qui n'étaient pas baptisés se retrouvaient aussi dans un même secteur.

La visite guidée révèle également certaines coutumes d'inhumation maintenant disparues. Comme cette partie du cimetière qui était non bénie parce qu'on y enterrait les « excommuniés », ceux qui s'enlevaient la vie.

L'engouement pour les visites guidées du cimetière Notre-Dame-de-Belmont ne se dément pas depuis le début juin. À tel point que l'expérience pourrait bien se répéter dans d'autres cimetières sur le territoire de la ville l'an prochain.

L'activité se déroule en calèche tramway, beau temps, mauvais temps.

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