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Vivre sans les siens : le poids de l’attente d'un réfugié syrien

Plus de 40 000 Syriens se sont installés au Canada depuis que le gouvernement a mis en place des ressources exceptionnelles pour les accueillir en novembre 2015, selon les dernières données. Or, une famille de Québec attend des proches depuis des mois, sans avoir d'explications.

Un texte de Cathy Senay

Youssef Issa en a fait du chemin depuis son arrivée à Québec avec son épouse et leurs enfants, en février 2016. Ils ont eu un troisième enfant. Youssef a aussi obtenu son diplôme d’études professionnelles afin de continuer de travailler comme coiffeur. Il parle très bien français.

En mars 2016, il a entrepris des démarches pour faire venir son père, Nabeel, sa mère, Hala, et son frère, Michael. Il les attend toujours.

Les parents et le frère de Youssef affirment avoir subi leur examen médical en décembre 2016. Ils ont passé une première entrevue en mai et quelques jours plus tard, ils ont été informés par Citoyenneté et Immigration Canada qu’ils devraient en passer une deuxième éventuellement.

Ils vivent à Ain Dara, dans le centre du Liban. Ils sont sans emploi et ont dû renouveler leur visa au coût de 500 $ US chacun, ce printemps.

« Ma mère reste à la maison et aide mon père en lui donnant ses médicaments […] Les médicaments sont très chers. »

Le père de Youssef souffre de diabète et a une maladie cardiaque. « Mon frère et moi, on va travailler pour aider mon père à aller chez le docteur, » soutient Youssef Issa en pensant au moment où toute sa famille sera réunie à Québec.

Jean-Pierre Caron parraine le père, la mère et le frère de Youssef. Voyant les délais entourant leurs demandes d’immigration, il a multiplié les courriels auprès des députés libéraux fédéraux de la région : Jean-Yves Duclos et Joël Lightbound.

« On se pose la question à savoir s’il n’attendent pas que [Nabeel] Issa décède là-bas, au Liban, tout simplement pour ne pas avoir à le soigner ici. Et ça, c’est un peu contraire à l’éthique de l’ONU sur les réfugiés », croit l’homme d’affaires de Québec. Cette situation le fait réfléchir.

Un fardeau excessif?

L’avocat spécialisé en droit de l’immigration Hugues Langlais rappelle l’essence du Règlement sur l’immigration et la protection des réfugiés. Si l’état de santé d’une personne voulant immigrer au Canada est défaillant, elle peut représenter un fardeau excessif en santé et se voir interdire l’entrée au pays.

« La norme de calcul est de 6555 $ par année au 1er janvier 2017. Ce calcul-là se fait sur une période de cinq ans », précise Me Langlais.

Donc, si les coûts liés aux soins de santé et aux services sociaux d’un demandeur dépassent ce montant, il appartient au gouvernement fédéral de trancher. Cette décision d’Ottawa devra prendre en considération l’avis du gouvernement provincial, qui devra assumer ces frais. Cela réfère directement à la capacité d’intégration, souligne Hugues Langlais.

Au moment d’écrire ces lignes, Radio-Canada attendait toujours les explications et les réponses aux questions qu’elle a soumises à Citoyenneté et Immigration Canada.

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