« Audrey a réussi à vivre son rêve de maman grâce à une autre maman ». Martin Faucher, 35 ans, souhaite faire avancer la cause des mères porteuses qui a permis à sa conjointe Audrey de devenir maman, malgré la maladie.

La jeune femme qui était atteinte de fibrose kystique depuis l’enfance est décédée sereinement la semaine dernière. Elle a pu faire un dernier adieu à son fils né 2 ans plus tôt.

Le couple a eu recours à la fécondation in vitro avec ses propres ovules et spermatozoïdes, et à une mère porteuse pour donner naissance à leur enfant. Le petit Arthur est aujourd’hui en pleine santé.

« La maladie, c’était trop risqué pour Audrey de porter l’enfant, donc on a fait affaire à une mère porteuse en Ontario. »

Le recours à une mère porteuse était la voie à suivre, estime M. Faucher, qui salue le don de soi des mères porteuses pour autrui. « Chapeau à ces dames qui prennent 9 mois de leur vie pour se consacrer à avoir un enfant qui n’est pas à eux », dit-il.

Une décision bien réfléchie

Le couple a choisi de mettre au monde cet unique enfant à la suite d’une décision mûrement réfléchie, fait valoir M. Faucher.

Des tests génétiques ont été faits avant la conception in vitro pour s'assurer que l'enfant ne serait pas atteint de la maladie.

« J’avais passé des tests pour être sûr que je n’avais pas le gène, dit M. Faucher, donc on était sûr qu’il ne l’aurait pas, à moins d’une mutation génétique rare, mais on n’aurait pas pris la chance d’avoir un enfant avec la fibrose kystique en plus que j’allais devoir l'élever seul. »

Malgré le deuil de son épouse, M. Faucher se dit heureux d’avoir pu partager avec son épouse la grande joie d’être parents.

« Elle a eu 2 ans et quelque mois à pouvoir l’élever, il lui ressemble, il a pris ses mimiques, des façons d’agir, de parler. Il va lui ressembler. »

Loi québécoise

Selon lui, le statut de mères porteuses devrait être clarifié au Québec. Contrairement à l’Ontario, la loi québécoise ne reconnaît pas le contrat entre la mère porteuse et les parents biologiques.

Pour Martin Faucher, la loi est trop floue, ce qui augmente les risques de perdre l'enfant advenant un revirement de la mère porteuse. Il souhaiterait d'ailleurs une modification de la loi au Québec afin de reconnaître les contrats.

Selon l’avocate Louise Langevin, le droit québécois a effectivement besoin d’être modifié.

« Depuis 2014, au Québec, la Cour d’appel a été très claire. Pour reconnaître la filiation du deuxième parent, habituellement la mère intentionnelle, c’est par une procédure d’adoption et c'est long et c'est coûteux », soulève-t-elle.

Don d’organes

En plus de la sensibilisation aux mères porteuses, M. Faucher milite également pour le don d’organes, qui a permis à son épouse de prolonger sa vie et de réaliser son rêve d’avoir un enfant.

La jeune femme atteinte de la fibrose kystique depuis la naissance avait reçu en 2010 une double greffe des poumons.

« Sans un don d’organe, on n’aurait pas eu les 8 dernières années […] Ça nous a permis de se marier en 2012, on a eu notre enfant en 2016, elle a pu vivre la maternité », souligne M. Faucher.

En mémoire de sa femme, Martin Faucher entend également continuer à amasser des dons pour la recherche sur la fibrose kystique.

La fibrose kystique, une maladie héréditaire, endommage notamment les poumons et le système reproducteur.

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