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Voiture incendiée : un choc dans la communauté musulmane

Le président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Labidi, a témoigné du choc qu'il a subi après l'incendie criminel perpétré sur sa voiture, en août dernier.

Un texte de Yannick Bergeron

Le crime a semé la terreur dans la communauté musulmane « parce que l'on visait maintenant des individus, des personnes », a raconté M. Labidi, lors de l'audience visant à déterminer la peine de Mathieu Bilodeau.

L'homme de 34 ans, atteint d'une déficience intellectuelle, a allumé quatre incendies dans le secteur de Sainte-Foy, l'été dernier.

En plus du véhicule de M. Labidi, Bilodeau a mis le feu à des conteneurs à déchets situés à proximité d'un hôpital, d'un restaurant et d'un centre commercial.

L'incendie perpétré sur la voiture a causé beaucoup d'émoi dans la communauté musulmane : « ç’a ravivé la peur dans la communauté », a expliqué Mohamed Labidi.

Le fonctionnaire de 59 ans a dû s'absenter du travail pendant plus de 2 semaines après s'être blessé en tentant d'éteindre le brasier.

Sa conjointe a aussi dû annuler un voyage à l'étranger pour ne pas laisser ses filles seules à la maison.

Mohamed Labidi a également effectué des travaux pour ajouter des serrures à toutes les portes de sa résidence.

La police de Québec a arrêté le suspect un peu plus d'un mois après le crime.

La poursuite réclame deux ans moins un jour de prison contre Bilodeau, malgré ses limites intellectuelles.

L'avocate de la poursuite, Me Annie Trudel, estime que l'incendiaire représente un risque pour la société, lui qui a des antécédents judiciaires.

Elle demande au juge de lui imposer une probation de trois ans au terme de sa détention, pour assurer un encadrement serré du délinquant.

Un défi

L'avocate de Bilodeau a présenté des extraits de l'interrogatoire policier de l'accusé, qui démontrent ses limites intellectuelles.

Pendant plus d'une demi-heure, l'enquêteur doit expliquer au suspect la différence entre un incendie criminel et un autre qui ne le serait pas, comme un feu de cuisine.

Me Marie-Pier Bertrand, qui défend Bilodeau, avait insisté, lorsqu'il a plaidé coupable, sur le fait qu'il ne s'agissait pas d'un crime haineux.

Il aurait répondu au défi lancé par une connaissance qui lui a demandé d'incendier la voiture de M. Labidi, en échange d'un paquet de cigarettes.

Me Bertrand poursuivra ses représentations sur la peine, la semaine prochaine.

Celui qui aurait incité Bilodeau à passer à l'acte fait également face à la justice. Marc Gagnon doit subir son procès en mai prochain.

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