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« Votre douleur est celle de tout le Québec » - Philippe Couillard

La voix nouée par l'émotion, Philippe Couillard a offert ses plus sincères condoléances, lundi, aux familles et aux proches des sept Québécois qui ont été assassinés par des djihadistes la semaine dernière, en Indonésie et au Burkina Faso.

Tahar Amer-Ouali est mort dans un attentat revendiqué par le groupe armé État islamique à Jakarta, tandis que Suzanne Bernier, Louis Chabot, Gladys Chamberland, son conjoint Yves Carrier, leur fils Charlelie et sa demi-sœur, Maude, sont morts dans une attaque revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) à Ouagadougou.

« Ils étaient aimés, appréciés par tous : famille, amis, collègues de travail. Comme nous tous, nous toutes, ils aimaient la vie. Et comme pour toutes les victimes du terrorisme, rien ne peut justifier le sort cruel qui leur a été réservé », a dit le premier ministre du Québec.

« Nous réalisons tous, toutes que cette violence barbare qui semblait si loin de nous autrefois peut également toucher le Québec. Que le fait de vivre dans une société démocratique, ouverte, plus solidaire, ne nous isole pas, ne nous protège pas du terrorisme », a poursuivi M. Couillard.

Le premier ministre du Québec a brièvement fait l'éloge de chacune des victimes, notant au passage leurs qualités, leur passion et leur dévouement, en s'attardant plus particulièrement au projet de la famille Chamberland-Carrier, qui effectuait un voyage humanitaire au Burkina Faso.

« Leur engagement envers les plus démunis représentait ce qu'il y a de meilleur chez l'être humain; l'altruisme, la compassion, l'ouverture et la générosité. Nos compatriotes étaient à l'étranger pour répandre l'espoir, pour faire le bien tout simplement », a-t-il souligné.

Il a d'ailleurs reparlé de cette famille lundi soir lorsqu'il a offert ses condoléances aux personnes qui participaient à une soirée de recueillement à Lac-Beauport. Philippe Couillard a montré une photo où on le voit, il y a quelques années, avec Charlelie Carrier, lors d'une visite au camp Le Saisonnier où travaillait le jeune homme. Le premier ministre a fait remarquer combien le monde est petit.

« Nous allons répondre en les préservant, ces valeurs, parce qu'elles sont ce que l'humanité a de meilleur, en continuant nos gestes individuels et collectifs de solidarité ici et ailleurs dans le monde, en maintenant par exemple notre engagement au sein de la francophonie internationale, partout où des Québécoises et des Québécois font aujourd'hui et feront demain la différence en apportant l'espoir », avait dit le premier ministre, plus tôt, dans son allocution. « Mais nous ferons tout cela sans illusion, sans naïveté, sans compromis ».

Selon Philippe Couillard, les attaques de la semaine dernière doivent maintenant « renforcer notre détermination à combattre ces barbares de toutes nos forces aux côtés de nos alliés ». Il dit avoir « confié à la ministre des Relations internationales le mandat de poursuivre les efforts de collaboration avec nos partenaires internationaux pour lutter contre la radicalisation ».

Le drapeau du Québec a été placé en berne sur la tour centrale du Parlement.

Christine Saint-Pierre à Paris

En entrevue à l'émission Midi info, la ministre des Relations internationales, Christine Saint-Pierre, a expliqué qu'elle sera à Paris la semaine prochaine pour discuter de lutte contre la radicalisation à l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et à l'Organisation internationale de la Francophonie.

Lorsqu'on lui a demandé quel rôle son gouvernement pouvait jouer auprès des victimes, elle a souligné que son ministère pouvait être « une courroie de transmission » avec le gouvernement fédéral, et qu'il pouvait jouer un rôle d'accompagnateur auprès des familles éplorées. Un employé de son ministère a été mandaté en ce sens.

Mme Saint-Pierre a affirmé que le cabinet du ministre fédéral des Affaires étrangères avait mis du temps à communiquer les coordonnées des victimes à son ministère samedi. Elle a cependant refusé de critiquer davantage la réaction d'Ottawa dans ce dossier. « Des analyses pourront être faites après », a-t-elle laissé tomber.

Interrogée sur ce que le Québec pouvait faire pour « combattre la barbarie », comme l'a mentionné le premier ministre Couillard, Mme Saint-Pierre est revenue sur son mandat de lutte contre la radicalisation, en ajoutant que Québec pouvait aussi « appuyer le gouvernement fédéral ».

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