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À 12 ans, il rêve de devenir premier ministre

Que signifie le mot « ploutocratie »? À 12 ans, Raphaël Émond vous expliquera tout bonnement qu'il s'agit d'un système politique où la richesse est au centre du pouvoir. C'est le genre de réflexions auxquelles il faut s'attendre en lisant son tout premier livre, La politique vue du haut de mes 12 ans.

Il faut tout au plus quelques minutes pour réaliser que Raphaël Émond est une vieille âme dans un corps de préadolescent.

« Tous les matins, jour d’école ou non, je lis les actualités. Je veux être au courant de ce qui se passe au Canada et dans le monde », raconte le jeune originaire de Saguenay.

Même s’il n’est qu’en secondaire 1, il peut rapidement vous entraîner dans une profonde discussion sur la souveraineté du Québec, les accommodements raisonnables ou le déploiement de l’armée canadienne.

Comme écosocialiste et fédéraliste, il propose de nationaliser les banques, d’abolir la monarchie et de suspendre l’exploration spatiale pour investir dans la recherche contre le cancer.

Faute de pouvoir mieux assainir nos finances publiques, il reste deux options : augmenter nos revenus, c’est-à-dire hausser les impôts des riches, et réduire nos dépenses, c’est-à-dire couper drastiquement dans le budget militaire.

extrait La politique vue du haut de mes 12 ans

Ceux et celles qui le connaissent sont habitués à son argumentaire développé.

« Je n’aime pas le dire, mais quand je veux mettre fin à une discussion politique, Raphaël me répond que c’est parce que je n’ai plus d’argument », raconte en riant son grand-père et journaliste à la retraite, Gérald Savard.

Qui l’a aidé?

Attiré par un atlas dès l’âge de quatre ans, Raphaël Émond est un autodidacte devenu la référence dans une famille apolitique.

« Il a fait tout ça par lui-même, en écrivant ici et là quand il avait du temps, de l’inspiration. Il s’installait avec ses cahiers et il écrivait. Puisqu’il a plus de connaissances que nous en politique, on n’était pas très utile là-dedans », soutient sa mère, Sonia Savard.

C’est un jeune garçon qui mérite d’être écouté, car il a des choses à dire.

Jean-Claude Larouche, Éditions JCL

C’est l’éditeur Jean-Claude Larouche qui a flairé le talent d’auteur de Raphaël. Les correcteurs ont eu l'ordre de conserver le style d'écriture juvénile et de maintenir l'authenticité du manuscrit.

« Je savais qu'on nous accuserait d'avoir publié nos idées d'éditeurs ou de parents, alors qu'on peut en tout temps comparer ses cahiers [le manuscrit] et l'original », assure-t-il.

De l’ambition à revendre

La seule inquiétude que Raphaël Émond a eue avant de se lancer dans cette aventure était d’être rattrapé par ses écrits un jour.

Pourquoi pas premier ministre? Ce serait un rêve, mais considérant que depuis que je suis né, il y a seulement quatre Canadiens sur 35 millions qui sont devenus premier ministre, je sais que j'ai des chances minces, mais j’y crois et j'espère que je vais y arriver un jour.

Raphaël Émond

Il a rapidement mis de côté cette crainte d’être hanté par les fantômes du passé.

« C’est sûr qu’il va y avoir des choses qui vont évoluer, mais je ne pense pas qu’il va y avoir un changement radical dans ma manière de penser », dit-il d’un ton convaincu et convaincant.

« La politique vue du haut de mes 12 ans » a été publié en novembre 2016 aux Éditions JCL.

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