Marc Bernier aime tant taquiner le poisson qu'il garde une main sur sa canne à pêche, même sur son vélo stationnaire. Bien au chaud dans sa cabane sur la baie des Ha! Ha! au Saguenay, le vétéran de la pêche blanche pédale trois fois par jour, durant 30 minutes.

Un reportage de Catherine Paradis

Après avoir subi un accident vasculaire cérébral, il y a quelques années, Marc Bernier a trouvé le moyen d'allier passion et bonnes habitudes. « En mars passé, je pesais 262 livres. J'ai perdu 54 livres depuis ce temps-là. »

Le pêcheur passe ainsi la saison sur la glace. Il estime qu'en comptant tous les frais, il débourse de 3000 à 4000 dollars par hiver pour habiter dans sa cabane.

La pêche, jour et nuit

Kathy Larouche et Marcel Laforest « habitent » en face de chez M. Bernier. Ils installent leur cabane tous les ans, depuis dix ans. Ils dormiront ici au moins trois nuits par semaine, jusqu'au mois de mars. 

Une clochette accrochée au bout de la canne à pêche avertit Kathy Larouche qu'un poison mord à son hameçon.

La nuit, il y a toujours une des deux lignes à l'eau. « Une fois, les cloches ont sonné à minuit, mon chum s'est levé ! », ricane-t-elle.

À Grande-Baie et à l'anse à Benjamin, 915 maisonnettes ont pignon sur glace. De leur fenêtre, les pêcheurs aperçoivent, au loin, les va-et-vient des grands navires industriels et du brise-glace chargé de leur ouvrir la voie.

La pêche, une affaire de famille

Les activités ne manquent pas non plus, de l'autre côté de la baie. Depuis quatre ans, la famille Parent se réunit à l'anse à Benjamin.

Valérie Parent, son conjoint et leurs trois enfants ne campent jamais durant l'été. Mais l'hiver, ils dorment à la cabane toutes les fins de semaine durant la saison de pêche blanche.

« C'est notre camping d'hiver, ça fait changement de la maison. Tant qu'à être enfermé, vaut mieux venir ici. On n'a pas le choix d'aller dehors. »

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