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Accident du rang Saint-Paul : Yves Martin tente de recouvrer sa liberté une seconde fois

Accusé de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort de trois personnes dans le rang Saint-Paul, le 1er août dernier, Yves Martin s'est retrouvé à nouveau devant le juge lundi pour tenter de recouvrer sa liberté à l'occasion de sa seconde enquête.

Un texte de Véronique Dubé et de Chantale Desbiens

C'est le juge Jacques Trudel du district de Trois-Rivières qui préside l'enquête sur la remise en liberté.

À l'ouverture de la nouvelle enquête, les parents des victimes se sont effondrés en larmes pendant que l'avocate de la direction des poursuites criminelles et pénales, Marie-Josée Hamelin, décrivait les blessures subies lors de l'accident. Les mères de Matthieu Perron et de Vanessa Viger ont quitté la salle en pleurant.

Me Hamelin a ensuite fait la liste des antécédents judiciaires de l'accusé en matière de conduite avec les facultés affaiblies. Elle a aussi indiqué que des experts ont évalué le taux d'alcoolémie d'Yves Martin à 221 milligrammes d'alcool par 100 millilitres au moment de l'accident.

Selon les expertises effectuées à partir des coussins gonflables de la camionnette, Yves Martin roulait à 127 kilomètres à l'heure cinq secondes avant l'accident.

Chronologie des événements

Le soir du drame, Yves Martin a envoyé des textos à un ami dans lesquels il disait mal comprendre les femmes. Il venait de se séparer et a écrit qu'il prenait de la bière dans son garage. L'échange s'est déroulé après le souper. « Je me saoule », envoie-t-il comme message à son ami Dave.

Celui-ci a ensuite rapporté aux policiers, dans le cadre de l'enquête, qu'il connaissait Yves Martin depuis 17 ans. Il lui aurait dit à maintes reprises de ne pas prendre son véhicule et a indiqué que le surnom de l'accusé était « ivre » Martin.

Selon la preuve présentée en cour, l'accusé a quitté la résidence de son voisin vers 19 h 45, quelques minutes avant l'accident, en exprimant encore son intention de se saouler. Le voisin lui aurait conseillé de rester à la maison.

Or, Yves Martin s'est plutôt rendu dans un bar, sans y consommer de l'alcool. Son voisin ainsi que des employés du bar n'ont pas trouvé qu'il avait l'air en état d'ébriété avancé ce soir-là. « Il n'avait pas l'air si plein que ça », aurait déclaré son voisin à l'enquêteur.

Plusieurs témoins qui ont croisé Yves Martin, rang Saint-Paul, l'ont vu effectuer un dépassement dans un endroit interdit et affirment qu'ils ont l'impression qu'il roulait à vive allure.

Un témoin a estimé sa vitesse à 160 kilomètres à l'heure. « J'ai dit à ma fille : cette personne-là va tuer quelqu'un », a-t-il déclaré.

Déclarations d'Yves Martin

Après la collision, Yves Martin semblait assommé et il aurait fait plusieurs déclarations, selon les gens arrivés sur les lieux de l'accident. « Ça revient, c'est correct, je m'en vais chez moi », aurait-il dit avant de réaliser l'ampleur du drame.

Les témoins racontent aussi qu'Yves Martin est sorti par lui-même de sa camionnette, qu'il sentait l'alcool et qu'il aurait mentionné : « Il faut que je sorte d'ici parce que c'est sûr que je m'en vais en prison, je suis bien saoul. »

Suggestions de l'accusé

Afin de recouvrer sa liberté, Yves Martin suggère de porter un bracelet électronique pour contrôler ses allées et venues à sa sortie de la maison de thérapie. « Ce bracelet-là évalue si tu as consommé de l'alcool. Donc il est collé à la peau et par le biais de la peau, quand on consomme de l'alcool il y a une transformation qui se fait et le bracelet est à ce point sensible qu'il est en mesure de savoir si vous avez consommé de l'alcool. Il envoie le message à l'ordinateur comme quoi l'accusé a consommé de l'alcool », explique l'avocat Jean-Marc Fradette.

La famille d'Yves Martin offre également 100 000 $ de caution. Sa sœur, Émilie, a indiqué que l'accusé est sobre depuis l'accident et qu'il a entrepris une thérapie pour lutter contre son problème de dépendance à l'alcool à la maison Jean-Lepage.

Mme Martin affirme que son frère va aux rencontres du groupe les Alcooliques anonymes et apporte une participation dynamique et importante.

Un employeur souhaiterait aussi embaucher Yves Martin pour ses compétences dans le domaine de la pose de vitres et de démarreurs automobiles.

La famille d'Yves Martin s'engage à s'occuper de ses transports puisqu'il n'a plus de véhicule immatriculé. Il a aussi un parrain avec les Alcooliques anonymes qui veut le conduire à ses rencontres de groupe.

Reprise de l'enquête sur la remise en liberté

Yves Martin a obtenu une nouvelle enquête sur la remise en liberté après que les juges de la Cour d'appel du Québec aient confirmé la décision du juge Raymond W. Pronovost, de la Cour supérieure.

L'avocat de l'accusé, Me Jean-Marc Fradette, s'était rendu en Cour d'appel pour demander la libération de son client en raison d'une faute commise par le juge Michel Boudreault lors de la première enquête sur remise en liberté.

Le juge avait demandé un supplément de preuve aux policiers de Saguenay sans informer la défense de cette démarche. Il doit être entendu par le Conseil de la magistrature, qui a été saisi d'une plainte dans cette affaire.

Yves Martin aura ensuite droit à son enquête préliminaire, fixée dans la semaine du 16 mai.

 

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