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Accueil des réfugiés : quelles leçons tirer du passé?

Comme d'autres villes du Québec, Saguenay se dit prête à faire sa part pour accueillir des groupes de réfugiés syriens. Lors des quarante dernières années, la région a été une terre d'accueil pour des groupes d'immigrants qui fuyaient le chaos dans leur pays. Mais les nombreuses familles vietnamiennes, bosniaques ou colombiennes qui ont tenté de s'installer ici sont, pour la majorité, reparties quelques années plus tard. Quelles leçons a-t-on tirées de ces expériences?

Un texte de Frédéric Tremblay

La région a déjà reçu des vagues de réfugiés. Van Ngan Nguyen faisait partie des vietnamiens qui sont débarqués au Saguenay à la fin des années 70, à la suite de la prise de Saïgon. La crise des migrants syriens l'interpelle.

« Les syriens, c'est sûr que c'est bon pour eux autres, mais je ne sais pas si les gens ici sont prêts à les accepter, à les accueillir comme moi je pense. »

Quelques mois après leur arrivée, la majorité des familles vietnamiennes ont quitté la région pour les grands centres.

En 1996, une trentaine de familles d'ex-Yougoslavie se sont à leur tour installées au Saguenay. Après trois années d'intégration, les Bosniaques sont déménagés ailleurs. Les employés de la Maison des Familles étaient impliqués dans l'accompagnement des réfugiés.

« On a travaillé fort pour les garder. En tant qu'investissement humain, monétaire, mais je trouve qu'au niveau employabilité, on a fait beaucoup d'efforts pour les garder, mais sans emploi, ils vont partir. Je trouve qu'on n'a pas assez de force, on n'a pas assez les reins forts pour faire de l'accueil », croit Marie-Claire Girard, qui était responsable de l'accueil des Bosniaques au milieu des années 90.

Au fils des ans, plusieurs organismes, comme Portes ouvertes sur le Lac et le Service externe de la main d'œuvre du Saguenay, ont développé une expertise pour faciliter l'intégration d'immigrants dans la région. Au début des années 2000, une centaine de réfugiés colombiens ont tenté de s'implanter au Saguenay, sans succès. John-Alejandro Gonzalez est l'un des rares qui a décidé de rester ici.

« La question, ce n'est pas est-ce qu'on fait bien ou est-ce qu'on ne fait pas bien. C'est pas ça la question. La question, c'est oui on fait bien. C'est sûr qu'on fait bien, on sauve des vies. Cependant, est-ce qu'on a assez d'emplois pour toutes les personnes, tout d'abord pour celles qui habitent ici et en plus pour celles qui vont arriver? »

Les associations qui côtoient quotidiennement des immigrants soutiennent qu'il y a des leçons à tirer du passage de ces groupes de réfugiés.

« Il faudra être modeste, conséquent, efficace dans l'accueil. Il faudra se dire qu'on accueille, mais on doit également intégrer », soutient Khadiyatoulah Fall de l'Association des musulmans du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

John-Alejandro Gonzalez tire les mêmes conclusions. « Ça ne veut pas dire que parce que les gens sont accueillants, que c'est facile de s'intégrer. S'intégrer, c'est un ensemble de questions », croit-il.

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