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Cap Trinité, une œuvre symphonique composée par le militaire Martin Lapierre

Après avoir vu la mort de près lors d'une mission en Afghanistan, en 2011, le caporal-chef Martin Lapierre a décidé de concrétiser son rêve d'écrire une œuvre symphonique.

Un texte de Julie Larouche

Le fjord du Saguenay et ses caps majestueux ont inspiré le militaire et musicien pour la composition de la pièce intitulée Cap Trinité. L'œuvre est un voyage musical en hommage à ses frères d'armes et un moyen d'apaiser les démons de la guerre.

« Les premières images que j'ai eues, c'est durant mon enfance, quand on faisait des voyages avec l'école, raconte Martin Lapierre. J'avais l'impression d'être sur une autre planète et j'étais au Saguenay. C'est tellement beau, les gens n'ont pas conscience de la beauté qui est tellement proche de Jonquière et Chicoutimi. C'est un endroit qui est unique au monde. »

Le technicien médical a frôlé la mort au cours d'une patrouille lors d'une mission en Afghanistan avec le Royal 22e Régiment, en 2011. Il a marché sur une mine dont la charge, par miracle, n'a pas explosé.

Cet événement est devenu l'élément déclencheur pour la réalisation d'un rêve.

Processus de création

Le technicien médical a amorcé l'écriture de sa pièce en Afghanistan. « Je travaille tout le temps sans instrument, explique-t-il. Je vais vraiment développer les mélodies dans ma tête, et quand je sens qu'il y a une substance, je vais m'asseoir à l'instrument. Et là, le travail commence. »

Le thème de son œuvre est arrivé avec des images du fjord. Puis il a choisi le titre, Cap Trinité. « C'est la métaphore », ajoute Martin Lapierre.

Martin Lapierre a découvert la musique dès son plus jeune âge, sur le piano de son grand-père. Le militaire de 38 ans a appris à composer de façon autodidacte. Il lui a fallu quatre ans pour compléter l'écriture de son premier album, aidé par l'orchestrateur Teddy Leong-She.

Le premier extrait, la pièce Cap Trinité, a été enregistré avec un orchestre symphonique à Budapest.

« Ça a été un grand moment d'émotion. Je me rappelle que, la première fois que j'entendais ça, je marchais dans le sable avec un fusil. Et là, d'être assis et d'entendre 40 musiciens qui jouent, c'est assez incroyable, le feeling est dur à décrire », souligne Martin Lapierre.

Pour des raisons financières, il n'y a que la première pièce qui a été enregistrée dans ce projet d'album qu'il finance entièrement. Il espère le terminer au cours des prochaines années.

« Je suis content, assure le militaire. Je suis content d'être dans mon patelin, je suis content de voir tout le chemin que ce projet-là a fait depuis le début. C'est un symbole. Je pense que chaque soldat au Canada qui est parti a son propre cap. »

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