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Chasser pour aider les plus démunis à perpétuer les traditions autochtones

La chasse communautaire a plus d'un rôle au sein de la communauté de Mashteuiatsh. Cette pratique permet à la fois de combattre la pauvreté, mais aussi d'aider les aînés en perte d'autonomie à poursuivre les traditions ancestrales.

Un texte de Charles Buckell

Les chasseurs communautaires sont ceux qui permettent à leurs proches et aux membres de leur communauté de profiter du gibier qu’ils rapportent.

Un aîné autochtone ayant des problèmes de santé, une personne moins bien nantie ou une famille monoparentale, par exemple, peuvent faire une demande officielle pour profiter de ce service et obtenir de la viande. Un certificat sera émis à un membre de sa famille ou de la communauté qui se portera volontaire.

Pour les Premières Nations, c’est une façon de partager les ressources, ce qui est d’ailleurs l’une des grandes valeurs éthiques traditionnelles.

« Il y en a encore quelques-uns, des aînés, qui pratiquent la chasse, mais il y en a d’autres qui ont des capacités physiques ou financières qui ne leur permettent pas de retourner en territoire, explique le chasseur communautaire Stacy Bossum. Pour eux, oui c’est comme un besoin, pas juste de manger, mais aussi de retrouver ce goût-là ».

Un chasseur peut aussi, par lui-même, faire une demande de certificat, à condition que le gibier qu’il rapporte soit partagé avec les membres de la communauté dans le besoin.

Toute personne demandant un certificat de chasseur communautaire est soumise à des vérifications auprès des agents territoriaux afin de s’assurer qu’il ne contrevient pas au code de pratique et qu’il ne nuira pas à la pérennité du gibier.

Règles à respecter

Mashteuiatsh a d’ailleurs éclairci les règles entourant la chasse communautaire récemment. Cette mise au point s’est faite en février dernier, lors de la révision du Code de pratique sur les prélèvements fauniques, une expression qui fait référence au produit de la chasse.

La communauté de Mashteuiatsh est l’une des rares à avoir des règles écrites en la matière. Elles ont été instaurées vers la fin des années 80.

Pour le conseiller Charles-Édouard Verreault, il est clair que cette révision était nécessaire.

Embauche

Le conseil de bande peut embaucher des chasseurs pour s’approvisionner en gibier. Il fait également appel aux participants du programme Innuaitun. Il s'agit de chasseurs qui occupent le territoire une grande partie de l’année.

Stacy Bossum explique qu’il y a deux types de chasseurs communautaires : celui embauché par le conseil et celui qui prend l’initiative de chasser pour les personnes dans le besoin. La distribution aux familles et aux personnes défavorisées n’est pas une demande officielle de la part du conseil de bande. L’initiative est plutôt confiée à la population, qui le fait d’instinct.

Distribution

La communauté bénéficie surtout du gibier récolté par les chasseurs communautaires par l’entremise d’événements culturels, où de grands festins traditionnels sont organisés. On y mange notamment du castor, de l’orignal, du caribou, du lièvre, de l’outarde, ou de l’oie.

Pendant ces événements, entre 200 et 400 repas peuvent être servis, c’est pourquoi la contribution des chasseurs communautaires est si importante.

Finalement, certains organismes profitent aussi de cette viande. C’est le cas du Carrefour Ushkui, qui organise des cuisines collectives pour les plus démunis.

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