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Combinaison thermique : la Traversée internationale du lac Saint-Jean transformée

Qu'elle plaise ou non, une nouvelle règle marquera les festivités de la 63e Traversée internationale du lac Saint-Jean. Si la température de l'eau est trop froide, les nageurs devront porter une combinaison thermique. Cet équipement va modifier la performance des nageurs. Il va surtout changer le visage de cette aventure de 32 km où, pendant plus de 60 ans, l'homme presque à nu a affronté l'imprévisible plan d'eau.

Un reportage de Mélissa Paradis

C'est pour éviter les drames comme la mort de Francis Crippen en 2010 que la Fédération internationale de natation (FINA) a resserré ses règles de sécurité. Le nageur américain de 26 ans avait perdu la vie aux Émirats arabes unis lors de la Coupe du monde.

La FINA impose désormais le port de la combinaison thermique, aussi appelée wetsuit, dans certaines circonstances. Elle sera donc obligatoire si l'eau descend sous les 18 degrés Celsius et optionnelle de 18 à 20 degrés Celsius.

La combinaison thermique est notamment composée de néoprène, un isolant thermique « qui garde la chaleur du corps à l'intérieur de la combinaison », explique Bruno Bélanger, le copropriétaire de KA Sports, le premier commerce du Saguenay-Lac-Saint-Jean à vendre le vêtement.

« Il y a quand même une petite pellicule d'eau qui rentre à l'intérieur qui fait un genre de film et qui prend la température du corps du nageur pour l'aider à garder le maillot et le wetsuit à la température du corps pour pouvoir être à l'aise et compléter son épreuve », ajoute Bruno Bélanger.

Loin de faire l'unanimité

La combinaison thermique augmente la flottabilité d'un nageur et lui permet de filer dans l'eau plus rapidement. Mais, pour plusieurs nageurs habitués de performer en eau froide, elle devient encombrante.

« Le principal combat à la Traversée du lac Saint-Jean, c'est la température au-delà de la distance de 32 km, explique le Français Édouard Lehoux. Je pense que ça avantage énormément les nageurs qui craignent plus l'eau froide. »

Xavier Desharnais a remporté l'épreuve des 32 km à deux reprises, dont en 2014, arrivant ex aequo avec Tomi Stefanovski. Selon lui, le port de cet équipement force l'athlète à nager autrement.

« Pour avoir un aussi grand avantage avec le wetsuit, il doit changer son style et c'est très dur de changer un style que ça fait 5, 10, 15, 20 ans qu'on utilise. Finalement, on ne sait pas ce que ça fait de suer dans un wetsuit pendant 10, 15, 20, 30 km. On ne sait pas non plus ce que ça fait d'avoir quelque chose qui nous frotte dans le cou toujours, toujours », ajoute le double champion de la Traversée internationale du lac Saint-Jean.

Pas seulement un obstacle

Là où plusieurs nageurs voient dans ce vêtement un obstacle, d'autres y voient plutôt une possibilité. « Ça va permettre à des nageurs qui sont un peu craintifs à l'eau froide de pouvoir participer à la traversée et d'avoir l'espoir de pouvoir compléter la course », explique l'ex-nageur et analyste à la Traversée internationale du lac Saint-Jean, Sébastien Bolduc.

« Ça donnerait une chance aussi pour démocratiser le sport parce que pour plusieurs personnes qui commencent à nager, à moins d'avoir été des nageurs depuis la plus tendre enfance, c'est assez intimidant de se lancer dans les eaux du lac Saint-Jean ou de n'importe quelle autre épreuve, surtout si c'est froid », ajoute-t-il

Selon les organisateurs de l'événement, le nouveau règlement donne de bons résultats, alors qu'une cinquantaine d'athlètes, un record, prendront part aux 10 km FINA jeudi.

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