Retour

Commission Charbonneau : l’avocate Estelle Tremblay déplore les huis clos

Celle qui représentait le Parti québécois à la commission Charbonneau, l'avocate de Saguenay Estelle Tremblay, sort de son expérience convaincue de la nécessité de faire preuve de plus de transparence lors d'audiences publiques.

Un texte de Chantale Desbiens

En entrevue à Café, boulot, Dodo, elle a déploré que certains témoins qu'elle désigne comme des membres de réseaux occultes du financement des partis politiques aient profité d'un huis clos.

« Quand je vois ce que les témoins honnêtes ont consenti comme sacrifice dans leur vie et que je m'aperçois qu'il y a des gens qui ont eu le privilège d'être interrogés à huis clos et qu'au bout du compte, ils ne seront pas blâmés puisque l'ensemble de la démarche était confidentiel, je suis plus que déçue, je suis fâchée », dit-elle.

Estelle Tremblay souhaitait dès le départ que toutes les audiences soient publiques. « S'il est une raison pour laquelle la commission a été créée, c'était justement pour les doutes, la méfiance que le public entretenait envers les institutions. Et ce doute, cette méfiance découlaient de l'action de personnes qui opéraient dans des réseaux occultes », ajoute l'avocate.

L'avocate, qui représentait le Parti québécois, raconte qu'elle et les autres avocats qui participaient à la commission Charbonneau se retrouvaient durant les pauses pour faire le point sur les témoignages entendus.

« On ne pouvait pas s'imaginer qu'on allait être sur une chaise obligés d'écouter des gens malhonnêtes venir nous expliquer avec une certaine candeur leurs gestes inacceptables, souligne-t-elle. Ça faisait que des gens honnêtes ne voulaient pas y aller parce qu'ils disaient : "Si je vais témoigner, on va m'étiqueter comme ces gens-là." »

L'une des leçons à tirer de la commission Charbonneau, selon Estelle Tremblay, est qu'un tel exercice devrait toujours se dérouler en public avec un nombre de commissaires impair.

Plus d'articles

Commentaires