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Commission Viens : « Toute la communauté doit s'impliquer dans la réconciliation », dit le maire de Val-d'Or

Lors de cette dernière journée d'audiences de la Commission Viens avant la pause estivale, c'est le témoignage du maire de Val-d'Or, Pierre Corbeil, qui a retenu toute l'attention. Le maire de Val-d'Or fait partie de ceux qui ont réclamé la tenue de cette commission d'enquête.

Devant le juge Viens, Pierre Corbeil a affirmé que sa ville était rapidement passée en mode solution après ce qui a été nommé « les événements de Val-d'Or ».« On aurait pu adopter deux attitudes, la première étant attendre que la tempête passe, attendre qu'on oublie. Ou faire le maximum que nous permet notre juridiction et notre pouvoir d'agir. On a plutôt opté pour la deuxième option », a-t-il laissé entendre.Enrayer la discriminationEn janvier 2016, la ville de Val-d'Or a créé un comité de lutte au racisme et à la discrimination. Ce comité a dressé un portrait du racisme à Val-d'Or et travaille sur un plan d'action.Selon l'un des membres du comité, Paul-Antoine Martel, les préjugés représentent la forme de racisme la plus répandue dans la ville.

Le maire de Val-d'Or a affirmé que le problème de la discrimination et du racisme avait été mis au jour à Val -d'Or et que les solutions viendraient aussi de Val-d'Or.Il prétend toutefois que la Ville n'y arrivera pas seule et que toute la communauté devra s'impliquer dans le processus de réconciliation.

Pierre Corbeil affirme fonder beaucoup d'espoir sur les recommandations de la Commission Viens.Les services publics restreints par la complexité des lois

Les multiples lois, ententes et juridictions qui touchent la vie des Autochtones rendent difficile la coordination des services censés répondre aux besoins à la population pour les conseils et les administrations des différentes communautés, a souligné Maryse Picard en avant-midi mardi, une avocate huronne-wendate spécialiste des questions autochtones, en ouverture de la dernière séance de la Commission Viens.

Mme Picard a traité des dizaines de dossiers concernant les droits des Autochtones dans le courant de sa carrière et a contribué à la signature de plusieurs ententes.

Durant son témoignage devant la Commission d’enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics au Québec (CERP), elle est notamment revenue sur ces droits et sur la façon dont ils ont été bouleversés à maintes reprises durant l’histoire, selon l’intérêt des pays colonisateurs et plus tard des gouvernements.

Mme Picard a indiqué que la Loi sur les Indiens était probablement une des lois ayant reçu le plus d’amendements de toutes les lois parlementaires canadiennes. De nombreuses tentatives ont eu lieu pour l’abolir ou la changer.

Différents statuts

Il y a aujourd’hui trois facteurs principaux qui compliquent la gestion de la vie des Autochtones, soit leur appartenance à une nation, leur statut d’inscrit ou de non inscrit ainsi que leur lieu de résidence, à l'intérieur ou à l'extérieur d'une réserve.

Mme Picard a insisté sur le fait que ces différents statuts créent des disparités et des inégalités entre les communautés et entre les Autochtones eux-mêmes puisque ceux-ci ne sont pas tous régis par les mêmes lois et de la même façon.

Elle a notamment cité l’exemple des Cris, des Inuits et des Naskapis qui sont pour leur part assujettis à une loi spéciale promulguée en 1984 qui remplace la Loi sur les Indiens en ce qui a trait à leur encadrement législatif et à celui de leurs terres.

Une bataille utile

Mme Picard a tout de même reconnu que certaines luttes pour faire changer les lois ont été bénéfiques pour les communautés autochtones.

« L’évolution de la législation dans le but de s’adapter aux nouvelles réalités, aux nouvelles politiques et à l’évolution de la société canadienne, québécoise et autochtone a aussi été positive pour les Autochtones », a-t-elle déclaré.

L'intention de son témoignage était d’offrir un portrait de la complexité juridique entourant les enjeux autochtones afin de faciliter la compréhension des difficultés vécues de nos jours par les communautés quant à la qualité des services publics qui les desservent.

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