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Consultation sur le projet Vaudreuil : environnement et protection des emplois s’opposent

Près de 175 citoyens touchés par le projet d'agrandissement du site de disposition des résidus de bauxite de Rio Tinto ont assisté aux consultations menées par Saguenay pour modifier le zonage d'une partie du boisé Panoramique.

Un texte de Chantale Desbiens

Le nouveau site de résidus de bauxite serait aménagé sur un terrain appartenant à Rio Tinto dont le zonage est désigné « espace vert ». La Ville doit autoriser son utilisation à des fins industrielles dans son plan d'urbanisme pour que la multinationale puisse poursuivre ses démarches.

Dès l'ouverture de la consultation, le comité des Citoyens pour un Vaudreuil durable (CVD) a déposé un mémoire pour demander à la Ville de Saguenay de suspendre le processus de modification du règlement de zonage.

La représentante du comité, Lana Pedneault, a indiqué aux représentants du Comité consultatif d'urbanisme de la Ville de Saguenay qu'ils devaient avoir toutes les informations et les analyses en main pour prendre une décision, ce qui n'est pas le cas actuellement. Elle réclame une étude du projet par le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE) et souhaite que la Ville en fasse la demande au ministre de l'Environnement David Heurtel.

Environ 6200 résidences seraient touchées par le projet Vaudreuil.

D'autres membres du CVD sont venus exprimer leurs inquiétudes pour la valeur de leur maison et la perte d'un espace vert où les citoyens pratiquent leurs activités physiques comme le vélo et la randonnée.

Le comité croit que Rio Tinto pourrait trouver un autre endroit pour disposer de ses résidus de bauxite, voire même leur trouver une nouvelle utilisation en les valorisant. « Un jour Rio Tinto va fermer, a souligné Hélène Martel, mais les résidus de bauxite vont rester. »

Les effets des résidus de bauxite sur la santé ont également soulevé des craintes chez plusieurs citoyens présents à la consultation. Les statistiques concernant les cas de cancer plus nombreux au Saguenay-Lac-Saint-Jean qu'ailleurs ont été ramenées devant les membres du Comité consultatif d'urbanisme.

Maintien des emplois

Un nombre important d'employés de Rio Tinto s'est également présenté à la consultation de la Ville de Saguenay pour défendre les emplois liés à l'usine Vaudreuil.

Le président du Syndicat national des employés de l'aluminium d'Arvid a (SNEAA-Unifor), Alain Gagnon, s'est dit sensible aux préoccupations des voisins du site de disposition des résidus de bauxite qui seront touchés par le projet d'agrandissement.

Il a tout de même rappelé que la fermeture de l'usine Vaudreuil avait déjà été négociée en 2006 et que son avenir est toujours menacé.

Le président du SNEAA a aussi mentionné que le site actuel de disposition des résidus de bauxite ne serait rempli qu'en 2022 et que Rio Tinto prévoyait prolonger sa durée de vie de huit ans avec une nouvelle méthode d'assèchement avant d'ouvrir le nouveau site.

D'autres employés, dont Fabien Lavoie et Jonathan Fortin, sont venus dire qu'ils étaient rassurés par les efforts mis par Rio Tinto pour trouver des solutions.

« On ne fait pas n'importe quoi, a affirmé Fabien Lavoie. Ce n'est pas parce qu'à Vaudreuil il y a de la terre rouge qu'on fait n'importe quoi avec ça. »

Prochaines étapes

La demande de modification de zonage de Rio Tinto sera soumise au conseil municipal de Saguenay le 2 mai. Si elle est acceptée, son entrée en vigueur pourrait avoir lieu le 13 juin.

Une demande d'autorisation doit ensuite être envoyée au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques.

Le président du comité de l'aménagement du territoire, du génie et de l'urbanisme de Saguenay, Marc Pettersen, est satisfait de la participation des citoyens à la consultation.

Il précise que la décision du comité doit tenir compte autant de l'environnement que des emplois. « Il y a beaucoup d'intervenants qui ont été interpellés concernant des pertes d'emploi potentielles, retient-il. C'est sûr que 1000 emplois directs, c'est à peu près 3000 à 3500 emplois indirects en tout dans une économie régionale qui est très morose ces temps-ci, il faut tenir ça en compte aussi pour la décision. Ce n'est pas seulement une décision environnementale.

Marc Pettersen déplore toutefois qu'aucun représentant du ministère de l'Environnement n'ait assisté à la consultation menée par Saguenay

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