La norme environnementale du Forest Stewardship Council (FSC) est devenue un incontournable dans l'industrie forestière. Cette certification est un gage de qualité pour les clients des papetières et des scieries. Mais quelles sont les étapes pour obtenir cette accréditation?

Un texte de Frédéric Tremblay

Le Forest Stewardship Council, qui édicte les normes et délivre les certificats, ne possède pas d'inspecteur. Ce sont des firmes indépendantes qui réalisent l'évaluation pour FSC. La firme SGS est l'une des trois entreprises qui effectuent des audits sur le territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord. Nous avons passé une journée avec eux lors de leur passage à la Coopérative Boisaco, basée à Sacré-Cœur.

Les entreprises qui veulent obtenir une certification FSC le font sur une base volontaire et défraient les coûts de l'audit, soit environ 15 000 $. Fait particulier : SGS est une firme suisse qui possède des bureaux au Panama pour desservir la zone américaine. Le chef d'équipe qui gère l'audit de Boisaco est un ingénieur forestier d'origine belge, Jean-Marc Verjans.

Les audits pour la norme environnementale représentent un exercice rigoureux qui suscite une certaine nervosité chez les dirigeants d'entreprises. Les correctifs à apporter sur la base des audits précédents doivent avoir été effectués.

Plusieurs éléments évalués

L'audit de janvier 2016 chez Boisaco visait le travail en forêt qui s'applique avec une unité d'aménagement forestier (UAF). C'est l'un des deux types de certificats FSC.

Pendant une semaine, les inspecteurs se rendent sur les chantiers forestiers pour s'assurer que les pratiques de Boisaco respectent les critères sociaux et environnementaux. Ils scrutent également la gestion interne de l'entreprise.

Les visites annuelles varient selon les saisons et les aspects précis ciblés par les auditeurs avant l'exercice. Une équipe de trois inspecteurs analyse environ 200 indicateurs répartis en dix thèmes.

Les responsabilités de l'entreprise

Les entreprises sont responsables et imputables des normes à respecter pour conserver leurs accréditions. Par exemple, au cours des derniers mois, Hydro-Québec a effectué des travaux sur un lac situé sur une UAF de Boisaco. Certaines facettes des travaux ont enfreint des règlements environnementaux qui pourraient nuire au renouvellement de la norme FSC. Même si la société d'État est directement responsable de ces manquements, c'est ultimement Boisaco qui doit répondre aux exigences pendant l'évaluation, et ce, même si la firme SGS est consciente de la réalité québécoise.

« L'audit n'est pas notre seule et unique source d'information, explique l'auditeur Jean-Marc Verjans. Tout ce qui est reportage, information dans les journaux [...] est également une source d'information. Ces gens-là font un peu notre travail quand on n'est pas là. Ils sont nos yeux quand on n'est pas là. »

Au coeur de la tourmente

FSC est au cœur d'une guerre de relations publiques entre Greenpeace et Produits forestiers Résolu après que la multinationale ait perdu sa certification pour des territoires forestiers au nord du Lac-Saint-Jean.

Même si la protection du caribou forestier et les relations avec les Autochtones retiennent l'attention, ces thèmes ne représentent qu'un pourcentage de l'évaluation et le retrait d'un certificat résulte d'une accumulation de manquements. FSC Canada précise qu'il n'est pas rare de voir des certificats suspendus ou expirés.

Boisaco devrait connaître le résultat de son contrôle annuel un mois après la visite des inspecteurs. La prochaine évaluation devrait s'effectuer à la fin de l'été 2016.

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