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De futurs médecins : sources d'espoir pour les jeunes Autochtones

Il y a des étoiles dans les yeux de Geneviève Lavoie et Pascale Ouellet-Dufour quand elles parlent de leurs racines autochtones. Originaires de Mashteuiatsh, au Lac-Saint-Jean, les étudiantes de 20 ans et 26 ans font partie des cinq jeunes Autochtones admis en médecine au Québec cette année.

Un reportage de Catherine Paradis

Même si elles ne sont qu'en première année du programme de médecine de l'Université de Sherbrooke à Saguenay, Geneviève et Pascale ont déjà l'intention d'exercer la médecine près des leurs.

Depuis 2008, le programme de formation de médecins des Premières Nations et des Inuits au Québec (PFMPNIQ) facilite le succès des Autochtones qui poursuivent des études médicales.

Quatre places sont ainsi réservées à des membres des Premières Nations dans les facultés de médecine chaque année.

Discrimination positive, oui, mais qui maintient le niveau d'excellence scolaire requis pour les apprentis docteurs.

« On doit faire le processus d'admission et le parcours scolaire comme n'importe quel autre élève qui veut s'inscrire en médecine. C'est juste que nous, on va cocher le contingent autochtone pour rentrer dans le programme de médecine », explique Geneviève Lavoie.

Pour accéder au processus d'admission du PFMPNIQ, une personne qui se déclare autochtone doit avoir une cote R minimale de 28 à la fin de ses études collégiales.

Depuis la mise en place du programme, 36 jeunes Autochtones ont été formés ou poursuivent leur formation en médecine au Québec, dont 7 à Saguenay.

Pour consulter le graphique sur un appareil mobile, cliquez ici.

Une fois admis, les membres des Premières Nations bénéficient de mentorat pour la durée de leurs études. Deux anciens étudiants travaillent aujourd'hui comme médecins auprès de communautés autochtones des régions de Lanaudière et de la Côte-Nord.

La Commission de la santé et des services sociaux des Premières Nations du Québec et du Labrador prévoit que d'ici 2022, le nombre total de médecins autochtones passera de 11 à 41 au Québec.

La route vers la réussite scolaire

Pascale Dufour-Ouellet et Geneviève Lavoie ont eu la chance d'être encadrées vers la réussite scolaire. C'est loin d'être le cas de tous les jeunes Autochtones qui vivent actuellement dans les communautés. Elles en sont conscientes et les universités aussi. Les facultés de médecine travaillent d'ailleurs en amont avec les jeunes des Premières Nations.

Les jeunes Autochtones qui sont admis en médecine à l'UdeS se voient ensuite offrir de suivre leur formation au site de Saguenay.

Sur les traces de Stanley Vollant

La formation des Autochtones dans le milieu de la santé vise à renverser un historique de spécialistes blancs qui vont et viennent dans les communautés.

Stanley Vollant, un Innu de Pessamit, sur la Côte-Nord, a été le premier Autochtone admis dans une faculté de médecine au Québec. Il est émerveillé de voir pousser les fruits de ce qu'il a semé.

« Il était le seul à porter le flambeau, mais aujourd'hui on va pouvoir dire qu'il peut transmettre le flambeau à d'autres médecins autochtones qui peuvent poursuivre cette cause-là d'avoir plus de médecins dans les communautés », fait remarquer Marco Bacon, directeur du Centre des Premières Nations Nikanite de l'UQAC.

Sentez-vous que vous portez le flambeau de Stanley Vollant?

« Oui, tout à fait. C'est une belle relève, qu'on soit un petit groupe de médecins qui provient des communautés, c'est une belle relève pour Stanley, et pour assurer la continuité des soins dans les communautés aussi », confie Pascale Ouellet-Dufour.

« C'est super positif parce qu'on éveille l'intérêt de nos confrères qui sont avec nous en santé pour s'en aller plus vers des aspects autochtones ou du moins de comprendre la réalité et c'est vraiment positif », d'ajouter Geneviève Lavoie.

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