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De jeunes Texans apprennent le français à Saguenay

L'apprentissage d'une langue seconde représente un défi de taille. Neuf étudiants du Texas tentent de le relever à Saguenay.

Un texte de Mireille Chayer

Grâce à un partenariat entre leur université, la Sam Houston State University, et l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), ils sont ici depuis quelques semaines et leurs progrès sont impressionnants, même si l'acquisition de la langue de Molière comporte son lot de difficultés.

« La prononciation, définitivement. Parce que j'ai un "New York accent" et l'accent du français est très difficile pour moi. Et le masculin et le féminin, et la conjugaison et les verbes irréguliers », indique Jennifer Ward.

Certains des étudiants ne disaient pas un mot de français avant d'arriver en mai. Sans être bilingues, les jeunes ont appris à se débrouiller et peuvent maintenant communiquer. Jennifer Ward est d'ailleurs positive quant à ses acquis.

« J'apprends... J'ai apprendre? Je veux apprendre. Je vais apprendre! » affirme-t-elle en riant.

Partenariat

L'UQAC accueille chaque année des centaines d'étudiants étrangers, mais c'est la première fois qu'elle reçoit des jeunes du Texas.

« C'est une entente bilatérale que nous avons développée avec l'université de Sam Houston State, au Texas, pour accueillir ces étudiants dans le cadre d'un programme court en langues modernes qui a été développé par notre unité », explique la directrice de l'unité d'enseignement en linguistique et en langues modernes, Odette Gagnon.

Les cours que les jeunes suivent ici leur seront crédités à leur retour chez eux. Le partenariat a été rendu possible grâce à l'implication du directeur de la faculté des langues de la Sam Houston State University, Leif French.

Américain d'origine, ce dernier a étudié et enseigné à l'UQAC pendant près de 25 ans avant de travailler au Texas. Il suivra les étudiants à leur retour chez eux pour déterminer s'ils vont conserver les connaissances qu'ils ont acquises au Saguenay. Il soutient que l'immersion les oblige à apprendre différemment.

Il affirme qu'un court séjour de cinq semaines dans une région francophone est suffisant pour permettre aux étudiants de faire des bonds de géant.

« Il y a un mythe que pour partir à l'étranger, faire de l'immersion, il faut avoir un certain bagage linguistique. Ce que ça démontre, c'est que ce sont les débutants qui font le plus de progrès et ce sont justement eux qui ont le plus de développement à faire pendant ces cinq semaines-là, donc en fait c'est vraiment un contexte d'apprentissage qui est propice aux débutants. »

L'an prochain, l'UQAC aimerait accueillir une trentaine d'étudiants texans. L'Université souhaite aussi que certains jeunes d'ici puissent éventuellement aller étudier quelques semaines au Texas.

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