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Débats électoraux: journée remplie pour les candidats

Les candidats à l'élection partielle dans Chicoutimi ont croisé le fer pour la troisième fois cette semaine, mardi soir, lors d'un débat organisé par la Chambre de commerce du Saguenay. Près d'une centaine de personnes ont assisté à l'événement.

Les quatre candidats présents ont d'abord été invités à se prononcer sur les moyens qu'ils envisageaient pour relancer l'économie régionale.

La CAQ propose la création d'un fonds pour soutenir les PME. Selon Hélène Girard, c'est en favorisant l'innovation et l'exportation que la région aidera ses entrepreneurs et évitera l'exode des jeunes. Mireille Jean du Parti québécois croit elle aussi qu'il faut supporter les entrepreneurs pour leur permettre de créer une richesse collective.

Le candidat de Québec solidaire, Pierre Dostie, soutient que le gouvernement doit réinvestir massivement dans l'économie publique, alors que la libérale Francyne T. Gobeil promet de rencontrer régulièrement les entrepreneurs pour connaître leurs priorités et les aider à réaliser leurs projets.

Deuxième pont

Sur la question du deuxième pont au-dessus de la rivière Saguenay, les candidats se sont entendus pour dire qu'il fallait attendre les conclusions d'une étude avant de prendre une décision.

Bloc cellulaire à Chicoutimi

La construction d'une prison à Roberval et la fermeture de celle de Chicoutimi a fait grand bruit dans les dernières années. Encore aujourd'hui, des voix s'élèvent et réclament la construction d'un bloc cellulaire dans l'arrondissement de Chicoutimi.

La péquiste Mireille Jean croit qu'il s'agit d'une solution adéquate vu la distance entre le palais de justice de Chicoutimi et la prison de Roberval. Pierre Dostie abonde dans le même sens. Pour lui la construction de l'établissement carcéral au Lac-Saint-Jean était une mauvaise décision.

La caquiste Hélène Girard est elle aussi d'accord. « La prison de Roberval est déjà à pleine capacité, alors soit on agrandit, soit on construit un bloc cellulaire. On est enclin à étudier la deuxième option. »

Francyne T. Gobeil assure qu'elle a déjà commencé à rencontrer les intervenants concernés par le dossier pour connaître leurs priorités. « Pour trouver des solutions, il faut comprendre le problème. Moi c'est ce que je suis en train de faire. »

Bilan migratoire

En 2014-2015, le Saguenay-Lac-Saint-Jean a connu son pire bilan migratoire en six ans. Quelque 550 personnes ont choisi de quitter la région pour aller s'établir ailleurs. Les candidats ont été invités à se prononcer sur cette question et aussi sur la disparition des centres locaux de développement (CLD), des conférences régionales des élus (CRÉ), des forums jeunesse et de la stratégie Migraction.

La libérale Francyne T. Gobeil a mentionné qu'on ne pouvait pas prouver que le bilan migratoire négatif était lié la fin de ces organismes. Elle soutient que le gouvernement libéral a agi pour le mieux dans ces dossiers. « Le gouvernement libéral, c'est un gouvernement qui a une grande vision. Il a assaini les finances publiques puis le développement économique, ça passe par des finances saines. »

Mireille Jean, Hélène Girard et Pierre Dostie affirment pour leur part vouloir remettre en place des organismes de concertation régionale.

Transfert d'entreprise

Le transfert et la relève d'entreprise s'avèrent souvent complexes. Les participants au débat ont aussi été questionnés sur ce point qui semblait les préoccuper.

Francyne T. Gobeil a rappelé que les libéraux avaient promis un assouplissement fiscal pour le transfert d'entreprises familiales lors de la campagne électorale de 2014. Elle a indiqué que cette mesure était maintenant en vigueur et qu'elle aiderait la relève.

Pour Hélène Girard comme pour Mireille Jean, c'est insuffisant. « C'est une problématique qui ne peut pas avoir une vision unique. C'est une problématique qui a plusieurs bras et il faut agir sur chacun de ces bras-là pour que le transfert d'entreprise puisse se faire de manière réussie », mentionne la péquiste.

Pierre Dostie a quant à lui proposé de faciliter la prise en charge d'entreprises par des coopératives de travailleurs lorsque le problème du manque de relève se présente. « Il y a beaucoup de travailleurs et de travailleuses qui s'identifient à leur entreprise, qui auraient voulu pouvoir continuer cette entreprise-là au départ de l'entrepreneur, mais qui n'ont pas pu, faute de soutien adéquat. »

Dossiers prioritaires

À la fin du débat, tous les participants ont présenté leur dossier prioritaire.

Pierre Dostie a parlé de la gestion des déchets. Il estime que le projet d'implantation d'une usine de biométhanisation est prometteur et qu'il mérite d'être étudié.

Hélène Girard adopte le programme de son parti en promettant des baisses d'impôts pour les travailleurs. Francyne T. Gobeil veut miser sur le développement économique et sur la création d'emplois. Quant à Mireille Jean, elle compte lutter contre les mesures d'austérité du Parti libéral tout en développant l'économie régionale.

Deuxième débat de la journée

Plus tôt mardi, les quatre candidats avaient aussi été invités à débattre par le Cercle de presse du Saguenay.

Rapidement, les révélations de l'émission Enquête au sujet de Sam Hamad ont rejailli sur la candidate libérale Francyne T. Gobeil.

« Présentement je m'occupe de mon comté, je ne m'occupe pas de M. Hamad », affirme Mme Gobeil.

Cette réponse a suscité de vives réactions chez ses adversaires. « L'intégrité, la franchise, la transparence, ce n'est pas l'étiquette que les gens de Chicoutimi donnent aux libéraux actuellement », souligne Hélène Girard de la CAQ.

« Mme Gobeil doit assumer qu'elle entre dans cette mouvance-là du Parti libéral, ajoute la péquiste Mireille Jean, et la non-réponse qu'elle donne indique qu'elle adhère à cette culture. »

Francyne T. Gobeil a par la suite refusé d'expliquer les règles d'éthique qui l'ont dirigée dans son travail au sein du cabinet du maire ces dernières années. « Depuis la fin février, je suis en congé sans solde et complètement détachée de la Ville, je n'ai aucun commentaire à faire », lance-t-elle.

Rio Tinto

Les relations avec la multinationale Rio Tinto ont fait l'objet de longues discussions entre les candidats à l'élection partielle.

« Je vais travailler très fort avec tous les acteurs pour aider Rio Tinto pour qu'on garde nos emplois », assure la représentante du PLQ.

Les trois candidates se sont prononcées pour l'agrandissement du site d'entreposage des résidus de bauxite afin d'assurer la pérennité de l'usine Vaudreuil, à condition que le producteur d'aluminium respecte ses engagements économiques et environnementaux.

« Je pense qu'il peut exister une situation qui peut rendre tout le monde confortable et non de se sentir coupable », mentionne Hélène Girard.

« On devrait pouvoir négocier avec la possibilité d'investissement dans la recherche et le développement avec l'UQAC pour explorer des voies de valorisation des boues rouges », croit pour sa part Mireille Jean.

Le candidat de Québec solidaire est plus critique. Pierre Dostie propose de retirer à Rio Tinto ses droits de gestion hydraulique et de nationaliser les barrages de la région parce que la multinationale de respecte plus ses engagements.

« Ça n'empêcherait pas que nous pourrions maintenir des tarifs préférentiels pour l'achat d'électricité qui leur permettrait d'opérer, mais nous aurions le contrôle sur cette ressource », précise M. Dostie.

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