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Des Autochtones sur les traces de leurs ancêtres

Deux expéditions en raquettes se préparent en février sur le territoire de la Mauricie pour permettre à des membres des Premières Nations de se réapproprier leur culture.

Un texte de Charles Buckell-Robertson

Le but, c'est d'amener les gens où est-ce que les ancêtres passaient [...] c'est comme un retour aux sources.

Raoul Weizineau, coordonnateur de l'expédition

Première expédition

Raoul Weizineau a 38 ans. Il est originaire de la communauté autochtone d'Obedjiwan. Il entamera une première marche en raquettes de babiche traditionnelles, ce dimanche.

Départ : Obedjiwan, 5 février. Arrivée : Waswanipi, 12 février.

Cette randonnée est une initiative personnelle, née d'une idée lancée par sa tante, Simone Weizineau.

Dix marcheurs tenteront de mener l'aventure en sept jours. Ils parcourront de 20 à 30 kilomètres par jour pour un total d'environ 160 kilomètres.

Il y en a qui pleurent [...] ils pensent aux choses qu'ils ont vécues dans le passé [...] c'est comme s'ils font leurs deuils.

Raoul Weizineau, coordonnateur de l'expédition

Un défi qui va au-delà de la santé physique

Chaque expédition a un aspect thérapeutique. Elle permet de faire revivre aux participants ce que leurs ancêtres pouvaient ressentir lors d'une telle marche.

Les participants travaillent à quatre niveaux : mental, spirituel, émotionnel et physique.

« C'est comme s'il faisaient leur deuil durant le trajet pour avoir une meilleure vue de leurs états d'âme », explique le coordonnateur des expéditions, Raoul Weizineau.

M. Weizineau possède un attelage de chiens de traîneau pour l'aider à transporter son matériel, qui pèse plus de 90 kilos. Chaque participant devra débourser environ 300 $ pour sa nourriture et son matériel. Le chef d'équipe aura un téléphone satellite pour contacter les autorités en cas d'urgence.

Deuxième expédition

« Ça m'a donné le goût d'en faire plus », dit Raoul Weizineau. C'est pourquoi il est également coordonnateur de la seconde marche, encore plus longue : un total de 240 kilomètres.

L'expédition Moteskano, qui en est à sa cinquième édition, signifie « les sentiers d'hiver » en atikamekw.

Moteskano est une idée qui a été lancée par un aîné de la communauté. Le centre de santé d'Obedjiwan s'est tout de suite intéressé à cette initiative, car elle permet une réappropriation de la culture.

Un budget de plus de 30 000 $ est alloué à la réalisation de cette expédition. Pour contribuer au financement, les participants déboursent 80 $ pour leur inscription. Il n'y a pas de limite d'âge et le plus jeune à avoir participé avait huit ans alors que le plus âgé avait 70 ans.

Cette année, le groupe d'une cinquantaine de marcheurs quittera Obedjiwan en raquettes le 21 février pour y revenir 13 jours plus tard.

Comment s'y prennent-ils?

Vêtus de leur habit traditionnel, les marcheurs avanceront, raquettes en babiche aux pieds, en tirant une partie de leur matériel dans des traîneaux.

Ils monteront et démonteront leur campement chaque jour. Ils dormiront dans des tentes munies d'un petit poêle à bois.

Le centre de santé a également préparé un menu sur mesure pour les randonneurs. À l'occasion, les participants croiseront des chalets sur leur route où des gens les attendront avec un repas chaud et des enseignements sur le territoire.

Pour aider les marcheurs, les équipements les plus lourds seront pris en charge par les « Road Runner ».

Ce sont des gens qui transporteront en motoneige : le matériel, la nourriture ainsi que les personnes qui ne seront plus capables d'avancer. Un programme de mesure d'urgence (PMU) a été mis sur pied par le centre de santé en cas d'incident.

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