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Des disparités en santé entre Autochtones des villes et des communautés au Québec

Vivre à proximité d'un grand centre ou dans une communauté éloignée fait toute la différence en matière de santé chez les Premières Nations, constate-t-on en consultant la troisième phase de l'Enquête régionale sur la santé des Premières Nations dévoilée mercredi à Québec.

Un texte d'Anne-Marie Yvon

Plus de 3 000 répondants provenant de 21 communautés issues de huit nations du Québec ont participé à cette enquête, conçue et réalisée par et pour les Premières Nations, et qui constitue depuis 1997 une référence pour ces dernières.

On y apprend que si la prévalence de la plupart des problèmes de santé chroniques est restée stable depuis la première phase de cette enquête réalisée en 2002, on constate que l’obésité touche de plus en plus de monde et particulièrement les personnes qui résident dans les zones 2, 3 et 4. Ces zones se situent à plus de 50 km d’une région urbaine en ce qui concerne la zone 2. La zone 4 désigne une région à l’accès difficile, sans route.

Dans ces régions plus éloignées, en moyenne 54 % des résidents sont obèses, peut-on lire dans le rapport, comparativement à une moyenne de 39 % en milieu urbain.

Les enfants obèses sont aussi de plus en plus nombreux : leur proportion est passée de 34 % à 44 % depuis la deuxième phase de l’enquête en 2008. La proportion a doublé en ce qui concerne les adolescents, passant de 14 % à 28 %. Elle est aussi en hausse chez les adultes et touche particulièrement les femmes : environ une sur deux serait désormais obèse.

Surpoids et diabète

Le pourcentage de personnes diabétiques est resté plutôt stable au cours des dernières années, épargnant les enfants et les adolescents. Le diabète de type 2 demeure rare chez les jeunes adultes, mais c’est une tout autre histoire pour les adultes d’âge moyen, chez lesquels une personne sur quatre est maintenant touchée. Chez les aînés, la proportion de diabétiques est de deux personnes sur cinq.

L'Enquête régionale sur la santé nous apprend aussi que 10 % des adultes disent ne pas avoir reçu tous les soins nécessaires au cours de la dernière année. Les personnes vivant en dehors des zones urbaines sont aussi plus nombreuses à souligner que leurs besoins n’avaient pas tous été satisfaits.

L’accessibilité et l’utilisation des services de santé sont des enjeux importants et préoccupants, peut-on lire dans le rapport, et ce, « à la lumière du fardeau élevé de nombreuses problématiques de santé au sein de la population des Premières Nations au Québec. » Outre leur accessibilité, les services de santé doivent aussi être adéquats sur le plan culturel.

La santé en éducation...

« Il est aujourd’hui crucial pour le mieux-être des Premières Nations que le système scolaire accorde à la culture et à l’identité la place qui leur revient », précise l’enquête, après avoir constaté les difficultés scolaires de nombreuses personnes interrogées.

Le rapport mentionne le passé de marginalisation et de stigmatisation des Premières Nations par le système scolaire canadien et les difficultés engendrées aujourd’hui encore pour bien des jeunes adultes par l’éloignement.

… et en emploi

Une autre constatation contenue dans le rapport de l'Enquête régionale sur la santé des Premières Nations touche au travail et au revenu qui en découle. Les adultes occupant un emploi ont une meilleure perception de leur état de santé. Sachant que plus de quatre adultes sur dix font partie d'un ménage vivant sous le seuil de faible revenu, on mise sur le développement et la croissance économique sur le territoire des Premières Nations pour changer la donne.

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