Le nouveau livre de Jasmin Roy, #Bitch, Les filles et la violence, ne laisse pas indifférent. À commencer par le titre qui interpelle la journaliste, mais surtout qui inquiète la maman.

Un texte de Julie Larouche

L'auteur lève le voile sur un phénomène qui n'est pas généralisé, mais quand même très répandu. À travers les différentes conférences qu'il a offertes dans les écoles du Québec, Jasmin Roy a constaté à quel point la violence verbale est omniprésente.

Après l'avoir rencontré, j'ai eu l'idée d'organiser une discussion avec des adolescentes afin de les entendre à ce sujet. J'ai interrogé des étudiantes de 4e secondaire de Saguenay. Leur témoignage, de façon générale, a confirmé la tendance dont fait part Jasmin Roy dans son livre.

« Une fille qui se fait traiter de pute souvent peut clairement commencer à le croire et à agir comme ça avec les gars, reconnait une participante à la discussion. Moi, on m'a traitée de grosse pendant deux ans et à un moment donné, je me suis regardée dans le miroir et je me suis dit qu'ils avaient raison. »

C'est souvent pour avoir l'air « cool », pour faire comme les autres que les filles commencent à se traiter de « bitch », de « salope » ou de « pute ».

Un grand nombre d'adolescentes utilisent ces mots pour parler à leurs amies de façon affectueuse. Cependant, le même vocabulaire sert aussi à intimider celles qui ne font pas partie de la gang. Assez déstabilisant.

Mais attention, ces mots ne se rendent pas toujours jusqu'à la maison. Les jeunes filles rencontrées n'en ont jamais discuté avec leurs parents. « De toute façon, mes parents ne pourraient pas comprendre. Ils sont dépassés », m'a dit l'une d'entre elles.

Paroles blessantes

Selon les témoignages reçus à la Fondation Jasmin-Roy, cette façon inappropriée de s'adresser à des amies ouvre la porte à d'autres problèmes comme la perte d'estime de soi, la violence et la cyberintimidation.

La présidente du Conseil du statut de la femme, Julie Miville-Dechêne, qui signe la préface du livre, estime qu'il y a urgence d'agir. Elle propose quelques pistes de solutions, comme un retour des cours d'éducation sexuelle.

C'est très confrontant pour la maman d'une grande fille de neuf ans de découvrir cette jungle. Heureusement, j'ai encore un peu de temps devant moi. En attendant, on va continuer de prioriser le #respect.

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