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Des reçus soulèvent l’ambiguïté de la double fonction de Martine Ouellet

Des reçus émis lors des passages au Lac-Saint-Jean de la chef du Bloc québécois, Martine Ouellet, à l'occasion de l'élection partielle, portent la mention « Assemblée nationale ». Ils soulèvent ainsi des questions au sujet de l'étanchéité de ses fonctions de chef et de députée indépendante de Vachon à l'Assemblée nationale du Québec.

Un texte de Denis Lapierre

Ces documents émis pour Mme Ouellet, de même que pour son chef de cabinet au Bloc québécois, Mathias Boulianne, portent la mention « Assemblée nationale du Québec » dans l’espace d’identification du client.

Ils ont été obtenus de source anonyme, mais ils ont été authentifiés par les personnes impliquées.

Ils concernent un séjour d’une nuitée de Mme Ouellet dans la région, le 20 septembre, ainsi que de trois séjours pour un total de cinq nuitées pour son chef de cabinet, soit le 20 septembre, les 11 et 12 octobre, ainsi que les 22 et 23 octobre.

Le coût total de ces services s’élève à 124,95 $ pour Martine Ouellet, et à 639,64 $ pour M. Boulianne.

Or, sur chacun de ces quatre reçus on retrouve dans le coin supérieur gauche la mention « Assemblée nationale du Québec » tout juste au-dessus des noms de Mme Ouellet et de M. Boulianne même si, de toute évidence, leurs déplacements étaient liés à l’élection fédérale et au rôle de Martine Ouellet à titre de chef du Bloc québécois.

Ainsi, le 20 septembre, à Alma, elle a rencontré Marc Maltais qui devait annoncer quelques jours plus tard sa décision d’être le candidat du parti souverainiste fédéral à l’élection du 23 octobre. La rencontre était demeurée secrète jusqu’à maintenant, mais elle a été confirmée par M. Maltais.

Situation ambigüe

À la direction nationale du Bloc québécois, on admet que cette situation crée un climat de suspicion autour des activités de la chef.

Le directeur général du parti, Jean-Michel Goulet, assure toutefois que jamais il n’a été question de transmettre à l’Assemblée nationale du Québec les dépenses encourues par Martine Ouellet dans le cadre de la campagne fédérale dans Lac-Saint-Jean.

« Les factures n’ont pas été payées par l’Assemblée nationale », assure-t-il.

Selon lui, l’erreur pourrait venir de l’hôtel, qui a peut-être déjà le nom de Mme Ouellet comme députée de l’Assemblée nationale dans ses dossiers.

Jean-Michel Goulet n’explique cependant pas pourquoi la mention se retrouve aussi sur les reçus remis à Mathias Boulianne qui lui, n’a jamais été élu ou même été membre du personnel politique d’un député provincial.

« Écoutez, nous, c’est le genre de situation qu’on veut éviter le plus possible », soutient le directeur général du Bloc, qui rappelle que Martine Ouellet a reçu un avis favorable du commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale lui permettant de cumuler les fonctions de députée provinciale à Québec et de chef de parti à Ottawa.

Cet avis la prévenait toutefois que « les risques de conflit dans l’exercice de ces deux fonctions sont sérieux » et peuvent soulever des problèmes de perception auprès du public. Au Bloc, on assure que c’est la première fois qu’un cas comme celui-ci lui est soumis.

Des demandes d’entrevues ont bien sûr été adressées à Martine Ouellet et Mathias Boulianne.

La chef du Bloc nous a parlé brièvement, pour assurer que les dépenses encourues dans le cadre de la campagne fédérale seraient payées par le parti et soumises à Élections Canada. Martine Ouellet a cependant fait valoir que son emploi du temps ne lui permettait pas, pour l’instant du moins, d’accorder une entrevue enregistrée sur le sujet.

Quant à la demande adressée à son chef de cabinet, c’est le directeur général du parti qui a répondu en son nom.

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