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Des réfugiés syriens poursuivent in extremis leurs cours de francisation

De jeunes réfugiés de la Syrie, installés à Saguenay depuis moins d'un an, ont failli ne plus avoir de cours de francisation, faute de budget de la Commission scolaire de La Jonquière. Heureusement, les dirigeants ont réussi à trouver l'argent nécessaire.

La commission scolaire a épuisé tout son budget de francisation dans les six premiers mois de l'année scolaire 2017-2018.

Ceux qui bénéficiaient de ce programme sont des jeunes réfugiés syriens, arrivés au Saguenay il y a moins d’un an et qui étudient à la Polyvalente Jonquière.

En février et en mars 2017, deux familles de réfugiés syriens se sont installées dans l’arrondissement de Jonquière grâce à un programme de parrainage. Il s’agit d’une mère et ses trois enfants et deux parents et leur jeune.

Budget de francisation épuisé

Avant les Fêtes, la commission scolaire a avisé les enseignants de la Polyvalente Jonquière que l'enveloppe budgétaire dédiée au programme de francisation était vide, ce qui a créé une vague d'inquiétudes.

Les enseignants craignaient que les deux adolescents syriens qui fréquentent l'école n'aient plus les ressources pour bien réussir.

Le comité qui a parrainé les deux familles de réfugiés, dont fait partie le député péquiste Sylvain Gaudreault, était aussi préoccupé.

Mercredi, la commission scolaire a été en mesure d’annoncer que le programme de francisation pourra se poursuivre.

Des sommes insuffisantes de Québec

Même si la commission scolaire a trouvé une solution, le Syndicat de l’enseignement de La Jonquière s'inquiète pour l'avenir des services de francisation.

Sa présidente Nicole Émond dit que les sommes reçues de Québec sont nettement insuffisantes pour les besoins de francisation et d'intégration, notamment parce que le budget accordé n'est pas basé sur les besoins réels, mais plutôt sur les besoins des années passées.

« Un sentiment de ne pas donner tout le service que les enseignants aimeraient donner, parce que lorsque les sommes sont épuisées, la commission scolaire est obligée d’aller puiser dans d’autres budgets. Ce n’est pas toujours sécurisant », a déclaré Nicole Émond, la présidente du syndicat.

Intégration réussie des Syriens

Malgré cet épisode d’incertitude, l'intégration des deux familles au Saguenay est une réussite jusqu'à présent.

Il y a de jeunes réfugiés syriens au primaire et pour eux, l'apprentissage du français se fait apparemment assez facilement. Pour les adolescents aussi, les échos sont très positifs, même s’ils rencontrent des difficultés.

De leur côté, les parents suivent un programme de francisation jusqu'en mai. Ils devront ensuite essayer de se trouver un emploi ou retourner sur les bancs d'école.

Le comité de la paroisse Saint-Dominique, qui a parrainé la venue de ces familles de réfugiés, aimerait en accueillir d'autres dans le futur.

D’après le reportage de Priscilla Plamondon Lalancette

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