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Desjardins prévoit une légère reprise de la croissance dans la région

La plus récente analyse prospective de Desjardins estime que l'économie du Saguenay-Lac-Saint-Jean devrait connaître une légère « embellie » au cours des deux prochaines années.

Un texte de Denis Lapierre

Selon le document intitulé Survol et prévisions économique - région administrative du Saguenay-Lac-Saint-Jean, la croissance du produit intérieur brut (PIB) sera de 2,4 % en 2016 et de 3,5 % en 2017. En comparaison, la hausse du PIB avait été de seulement 1,8 % en 2015.

« Une embellie, on peut le dire », assure l'auteure de l'étude, l'économiste chez Desjardins Chantal Routhier. « Par contre, ajoute-t-elle, la croissance économique de la région va rester en deçà de celle de la province », qui sera de 3 % en 2016 et de 4 % en 2017.

Les raisons de cette croissance plus lente sont bien connues et sont présentes depuis quelques années déjà. Tout d'abord, les difficultés de l'industrie forestière qui souffre d'une reprise très lente de l'économie américaine et doit aussi faire face à la menace d'imposition d'une surtaxe sur le papier surcalandré.

Il y a aussi l'aluminium, dont le prix demeure bas en raison d'une surproduction mondiale, une situation qui retarde des investissements attendus dans la région.

Des éléments encourageants

La mauvaise performance de ces deux piliers de l'économie régionale, responsable en bonne partie de la faiblesse de la croissance des dernières années, est cependant en partie contrebalancée par des projets dans d'autres secteurs économiques, selon l'analyste de Desjardins.

« Dans le tourisme, on voit le marché des croisières qui est en pleine effervescence. Dans les mines, il y a des projets qu'on suit depuis quelques années », mentionne Mme Routhier, citant les projets d'Arianne Phosphate et de Métaux Blackrock.

L'agroalimentaire n'est pas en reste avec l'aménagement des Serres Toundra à Saint-Félicien, un projet qui va aussi dans le sens d'une diversification économique souhaitable selon l'économiste.

Mais une forte part de la croissance sera soutenue par des éléments extérieurs. « Il faut voir qu'avec le huard qui est faible, l'amélioration de l'économie américaine, le pétrole dont le prix demeure bas - on sait que les coûts de transports sont un élément important pour une région éloignée - ce sont des facteurs positifs qui vont venir supporter la relance », constate Chantal Routhier, ce qui vient contrebalancer les problèmes structurels de l'industrie.

Construction domiciliaire au ralenti

Si l'économie régionale peut compter sur quelques grands chantiers en 2016-2017, l'analyse cite la ligne de transport d'électricité Chamouchouane-Bout-de-l'Île entre La Doré et Montréal, et les Serres Toundra, mentionnées plus haut, la construction résidentielle devrait progresser « à bas régime » en raison du taux d'inoccupation des logements qui va dépasser les 7 % en 2016 et 2017.

Enfin, le taux de chômage devrait décroître dans les deux prochaines années, profitant des gains de l'économie et des départs à la retraite.

L'économiste de Desjardins souligne également les efforts de concertation que sont des événements comme le sommet économique régional de juin dernier ou l'activité Savoir Affaires de février 2016 qui favorisent l'identification des secteurs de diversification économique à privilégier.

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