Retour

Deux fois plus d'utilisateurs au dépannage alimentaire de Chicoutimi

Depuis un an, près de 4500 personnes ont bénéficié du dépannage alimentaire du Service de travail de rue de Chicoutimi. La fréquentation a presque doublé.

Un reportage de Gilles Munger

Tous les jeudis après-midi, des sans-emploi, des assistés sociaux rendus invalides par un accident, d'autres personnes blessées par la vie viennent chercher leurs denrées.

« Mets-toi à ma place », raconte Claude (nom fictif) qui ne veut être ni enregistré ni photographié.

« J'ai eu deux accidents et j'ai perdu ma job, il y a deux ans. Je n'ai pas le choix de venir ici pendant que les boss de Bombardier s'en mettent plein les poches. »

Il a attendu plus d'une heure pour être l'un des premiers à entrer dans le local de distribution des denrées, en haut de la Soupe populaire de Chicoutimi.

Du choix et du répit

Une centaine de personnes se succèdent pendant une heure et demie pour faire le plein de légumes, de conserves, de viande, de produits laitiers et de dessert.

Maryse, enceinte, a perdu son emploi de coiffeuse, son logement et son auto il y a deux ans. Il lui reste 63 $ par mois après avoir payé son loyer. Elle vient au dépannage alimentaire chaque semaine.

« Ce que je n'ai pas besoin d'acheter à l'épicerie parce que je le prends ici, ça fait une énorme différence [...] ça fait que si j'avais pas ça ici, je mangerais pas. »

Rendez-vous hebdomadaire

Pour plusieurs, le dépannage alimentaire est une activité sociale, un moment de rencontre. « C'est positif ici. Les gens se prennent en main. C'est comme une grosse famille. Il n'y a pas de chicane ici », mentionne Richard.

Quelques minutes plus tard, un peu plus loin, la tension est palpable. Un utilisateur reconnaît quelqu'un : « Ça fait 30 ans que je te connais. Si je suis ici aujourd'hui, c'est un peu de ta faute », dit-il à l'autre.

Un garçon qui n'a probablement pas 20 ans ne dira pas un mot, mais son corps parle : il a dormi dehors la nuit dernière. Il n'a ici aucun ami avec qui créer des liens.

Juste à côté, deux autres jeunes, un homme et une femme à qui la vie n'a pas fait de cadeaux, égratignent au passage le journaliste trop curieux qui n'améliorera en rien leur existence.

Travail de collaboration

Le Service de travail de rue de Chicoutimi supervise le dépannage alimentaire à même son budget régulier. Moisson Saguenay-Lac-Saint-Jean lui fournit les denrées, le Service en fait la distribution.

« Il y a des semaines qu'on a de la difficulté à répondre à la demande complète, mais pas par manque de volonté de la part de notre partenaire, mais bien parce que eux aussi peuvent avoir de la difficulté à recevoir les denrées qu'il leur faut pour répondre à tous les besoins du Saguenay-Lac-Saint-Jean », explique la coordonnatrice du Service, Janick Meunier.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine