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Érablière menacée par les orignaux à Rivière-Éternité

L'appétit des orignaux pour l'érable à sucre menace le renouvellement d'une des plus vieilles érablières de la région et une des plus au nord du Québec, à Rivière-Éternité.

D'abord, un peu d'histoire : c'est dans la vallée de la rivière Éternité, dans le bas Saguenay, qu'on retrouve cette érablière.

« On parle d'une érablière d'une centaine d'années qui était exploitée par les gens vivant au village », explique Yana Desautels, responsable du service de la conservation et de l'éducation au parc national du Fjord-du-Saguenay.

Cette érablière n'est cependant plus exploitée depuis la création du parc il y a 35 ans, pas plus que l'orignal n'y est chassé. Et c'est de là que surgit le problème.

Dans le rapport produit par le chercheur Rock Ouimet, du ministère des Forêts de la Faune et des Parcs, on peut lire : « La chasse étant interdite, l'orignal gagne du terrain et effectue une pression sur les jeunes érables. C'est pourquoi on observe de nombreuses pousses au sol, ainsi que des érables matures majestueux, mais aucune classe d'arbre intermédiaire n'est présente. Les jeunes érables se font brouter par l'orignal avant même d'atteindre la maturité ».

Face à une érablière qui ne peut se renouveler, les nouvelles pousses qui, à terme, devraient remplacer les arbres matures sont éliminées. Le risque, souligne l'étude de Rock Ouimet, c'est de voir les érables disparaître pour être remplacés par d'autres espèces moins attirantes pour l'orignal.

Dommages visibles

Une simple promenade en forêt permet de voir l'effet du passage des orignaux. On aperçoit les érables matures, de même que les très jeunes pousses d'à peine quelques centimètres, mais aucun arbre en croissance.

« Ça c'est un signe de broutage, on voit là que branche n'est pas en forme. C'est arraché ici » montre Yana Desautels en désignant une jeune pousse.






Le Réseau d'étude et de surveillance des écosystèmes forestiers analyse ce phénomène ailleurs au Québec depuis 1986 et à Rivière-Éternité depuis 1989. Car il s'agit d'un travail de longue haleine afin de bien mesurer l'impact sur le renouvellement et la croissance de l'érablière.

Pour l'instant, aucune mesure de protection n'a été mise en place. On continue de recueillir des données sur la situation.

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