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Érosion de la pointe Langevin : des épis et du remplissage sont proposés

Peu importe le scénario retenu pour freiner l'érosion qui gruge la pointe Langevin, située à Dolbeau-Mistassini, les travaux coûteraient plusieurs millions de dollars, selon une étude rendue publique mardi soir par Rio Tinto.

Un texte de Mélissa Paradis

Dans le document, le fort courant qui se crée à la jonction de la rivière Péribonka et de la Petite rivière Péribonka a été retenu comme le phénomène étant à l’origine de l’érosion.

Ce secteur serait particulièrement à risque en raison du sable fin, plus susceptible d’être entraîné par le courant.

Parmi les scénarios étudiés, la construction d’épis massifs visant à modifier l’angle de la jonction des deux rivières semble la solution la plus envisageable.

L’analyse, menée par la firme WSP, propose aussi de remplir la fosse creusée par le courant à la rencontre des deux cours d’eau.

« Donc, on comprend que ce ne sont pas des solutions qui sont faciles à réaliser à court terme, en tout cas, que ça prend des études additionnelles pour être certain de ne pas avoir plus d’impacts négatifs que d’impacts positifs », précise l’ingénieur de WSP, François Giroux.

Il invite maintenant les gens concernés à étudier les risques, les coûts et les répercussions des différents scénarios envisagés incluant le statu quo avant de retenir une solution permanente.

Chalets encore à risque

Les 25 ménages menacés à la pointe Langevin s’inquiètent pour leur avenir alors qu’il n’existe actuellement aucun programme d’aide financière pour dédommager les propriétaires d’une résidence secondaire.

Environ une quarantaine de citoyens se sont déplacés à l’hôtel de ville mardi soir, pour entendre les scénarios envisagés.

Cependant, le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, n’avait pas de solution miracle à leur proposer.

« C’est une situation qui est très difficile à vivre comme maire. Quand on va voir sur place, on voit que c’est des gens qui sont fiers de leur résidence. C’est des beaux coins sur le bord du lac. Souvent, c’est une question de retraite, un projet de retraite et ainsi de suite. Ça, c’est difficile de voir ça et c’est pour ça qu’on est extrêmement sensible à ça, mais en même temps, on se sent impuissant », a-t-il admis dans la rencontre préparatoire avec les médias.

L’érosion continue

Les glissements de terrain ont commencé en 2016 dans le secteur de la pointe Langevin. Rio Tinto a déjà racheté un terrain après que le propriétaire ait dû abandonner sa résidence secondaire l’hiver dernier.

Avec le débit imprévisible des rivières et les aléas de la météo, François Giroux est convaincu que les problèmes d’érosion ne se résorberont pas d’eux-mêmes.WSP estime qu’en 2017, les berges pourraient avoir reculé de quatre à six mètres. Cette hypothèse devrait être confirmée dans les prochaines semaines.

Le maire de Dolbeau-Mistassini, Pascal Cloutier, demande l’intervention rapide de Québec et d’Ottawa, maintenant que les solutions ont été présentées aux ministères de l’Environnement et de la Sécurité publique.

Un comité formé de la Sécurité publique, de la Ville de Dolbeau-Mistassini et des associations de riverains concernés devrait être créé pour suivre de près la situation.

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