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Figaro s’installe au Théâtre Banque Nationale à Saguenay

La Société d'art lyrique du Royaume s'attaque à l'opéra le plus connu de Gioacchino Rossini, Le Barbier de Séville. Avec cette imposante production, la maison d'opéra saguenéenne nous offre un détour en Espagne, dans la langue de Molière.

Une chronique de Julie Larouche

On y retrouve le comte Almaviva, qui vient offrir une sérénade à la belle Rosine. Elle n'est pas indifférente à ses avances, mais demeure bien malgré elle sous l'emprise de son tuteur, Don Bartholo. Le comte devra compter sur l'intervention du barbier Figaro pour arriver à ses fins.

Jeudi, c'était soir de générale au Théâtre Banque Nationale, une représentation qui vient évidemment avec son lot de fébrilité. C'est l'occasion de prendre des notes et d'effectuer certains ajustements avant la grande première. Tout est en place pour livrer un excellent divertissement.

Une œuvre musicale importante

D'abord, musicalement, c'est une oeuvre qui propose des airs très connus, rythmés et enlevants. Un défi stimulant pour les musiciens, comme nous l'a confié le chef Jean-Philippe Tremblay avant la représentation.

« Quand on parle de la musique de Rossini, tout le monde est un virtuose dans l'orchestre. C'est très demandant, une musique qui est d'une grande difficulté technique autant pour les musiciens que pour les solistes, mentionne-t-il. Ces derniers font des vocalises que l'on entend rarement dans les opéras, c'est extraordinaire. »

Des solistes qui se démarquent

Les solistes, tout comme les musiciens, ont effectivement démontré leur grande virtuosité lors de cette répétition générale. Certains se démarquent plus que d'autres. C'est le cas de la mezzo-soprano Rachèle Tremblay, originaire de Chambord. Elle est épatante dans le rôle de Rosine. L'interprète s'illustre par sa voix lumineuse, et aussi par son jeu remarquable tout en nuance et en humour, qui va conquérir tout le monde, j'en suis certaine! Lors des dialogues, Rachèle Tremblay adopte une voix haute perchée, très maniérée, un croisement entre la Cléôpatre d'Astérix et Obélix et le personnage de Valérie Lemercier dans le film français Les Visiteurs. Succulent et très drôle!

Avec cette production, Dario Larouche signe une mise en scène très dynamique. Il a su faire une place de choix aux choristes. La scénographie de Serge Potvin est d'une grande efficacité. Le décor est constitué de grands panneaux de couleur ocre qui laissent entrevoir les cordages, comme si une troupe composée d'artistes ambulants s'était arrêtée sur scène.

Public étudiant

La répétition générale a aussi été utilisée à des fins pédagogiques. Une vingtaine d'étudiants du Conservatoire de musique de Saguenay ont assisté à la représentation sous le regard attentif de la directrice, Louise Bouchard.

À l'entracte, les jeunes se sont approchés de la fosse d'orchestre et ils ont pu questionner les musiciens et le chef. La Société d'art lyrique laisse une place à la relève, et s'occupe aussi de la former. Chapeau!

Le Barbier de Séville est présenté le 5 et 6 février à 19 h 30 et le 7 février à 14 h.

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