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Grande randonnée de vélo et les dangers de rouler en peloton

Il y a quatre ans, Richard L'Heureux, journaliste sportif à Radio-Canada, était l'un de ces cyclistes qui participaient au Grand défi Pierre Lavoie. Ce fut son dernier tour de piste.

Un texte d'Amélie Desmarais

Le 14 juin 2013, il n'a jamais complété l'étape qu'il avait entamée en pleine nuit sur la route 155, entre La Tuque et Shawinigan. À Trois-Rives, une bouteille échappée dans le peloton a provoqué la chute de six cyclistes.

« Je suis le seul à ne pas m'être relevé et même qu'il y a un cycliste de queue de peloton qui n'a pas pu m'éviter et qui est venu me faucher la tête, » raconte M. L'Heureux.

Un choc brutal dont il ne s'est jamais complètement relevé. Le traumatisme crânien et la double hémorragie au cerveau qu'il a subis ont laissé des séquelles irréversibles.

Lors de son réveil à l’hôpital plusieurs heures après sa chute, Richard L’Heureux ne savait plus qui il était. « Je disais que j’étais électricien parce que mon père est électricien, j'imagine. »

Encore aujourd’hui, il estime ne pas avoir toute sa tête. Il doit accepter de vivre dans une forme de brouillard quotidien qui ne se dissipera jamais. « C'est peut-être ce qui empoisonne ma vie présentement toujours parce que la mémoire n'est pas revenue. »

Depuis l'accident, il doit aussi composer avec la fatigue constante et prendre de nombreux médicaments. S'il est trop tard pour lui, Richard L'Heureux insiste sur l'importance d'être vigilant lorsqu'on roule en peloton. « Il y a eu une explosion du vélo au cours des dix dernières années, mais vraiment phénoménale. L'équipement est là, tout est là, mais l'éducation sur comment rouler en peloton? Ça, c'est un mystère. »

Les dangers de rouler en peloton

Yannick Bédard, entraîneur de vélo, constate aussi la multiplication des événements de cyclisme.

Il donne des ateliers sur les règles à respecter lorsqu'on roule en peloton, particulièrement lors des grands événements où les risques sont accrus en raison du nombre de participants.

La plupart des accidents impliquant seulement des vélos ne sont pas rapportés. Pour ce qui est du Grand défi Pierre Lavoie, l'organisation estime qu'il y en a une quinzaine par année.

Celui dans lequel Richard L'Heureux a été impliqué en 2013 est l'un des plus graves à être survenus lors de l'événement.

Des leçons à tirer

Il faut dire que l'étape à laquelle participait Richard L'Heureux en 2013 réunissait seulement les meilleurs cyclistes et avait pour but de compléter un long tronçon dans un temps limité pendant la nuit.Pierre Lavoie explique qu'à l'époque « on s'était dit, on va essayer quelque chose de particulier, mais par la suite on ne l'a jamais répété. Avant, on partait le vendredi maintenant on part le jeudi pour se donner encore plus de flexibilité et de temps. »

L'organisation recommande aussi aux participants de s'entraîner pendant les mois qui précèdent l'événement et met à leur disposition de la documentation et des vidéos pour savoir comment rouler de façon sécuritaire lors de l'événement.

« C'est un message qui est omniprésent : si tu n'as pas un comportement sécuritaire tu es immédiatement repéré donc, on essaie d'éliminer les problèmes à la source », précise M. Lavoie.

Le problème de Richard L'Heureux ne se règlera jamais. C'est ce que les médecins lui ont confirmé. Même s'il éprouve de la colère face à ses nouvelles limites, il n'en veut pas au défi. « Si c'était à refaire, je le referais demain matin. »

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