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Hébergement touristique : encore des zones grises

La loi 67, qui vise à encadrer l'hébergement touristique et à serrer la vis à l'hébergement illégal continue de faire couler beaucoup d'encre. Cette loi, adoptée en décembre 2015 et appliquée depuis avril, inclut les hébergements de type Airbnb. Cependant elle manque de clarté et son application est donc complexe.

Elle prévoit que les locateurs doivent obtenir une attestation de classification du ministère du Tourisme et verser une taxe d'hébergement, comme tous les autres établissements touristiques.

C'est la Corporation de l'industrie touristique du Québec (CITQ) qui décerne les attestations de classification. C'est également la CITQ qui a été mandatée par le ministère du Tourisme pour agir à titre d'inspectrice et pour émettre des avis d'infraction.

La CITQ a formé jusqu'ici 16 inspecteurs et elle a fait parvenir à tous ses membres un formulaire de dénonciation en ligne, une mesure qui en a fait sourciller plus d'un. Certains y voient une incitation à la délation.

Hébergement illégal dans la région?

Difficile d'évaluer s'il y a beaucoup d'hébergement illégal au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Cependant, les offres atypiques ont explosé dans les dernières années pour répondre à la demande des clients.

Selon Aurélie Marchand, la propriétaire du gîte Almatoit qui est aussi secrétaire-trésorière de l'Association des gîtes du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il manque d'hébergement touristique dans la région.

« À Alma, par exemple, on est actuellement trois gîtes classifiés. Sur Airbnb, lors de ma dernière recherche, y avait 99 établissements qui s'affichaient. Il y a un bon pourcentage de ces établissements-là qui ne sont pas classifiés par la CITQ. C'est sûr qu'un client qui va chercher un établissement, plutôt que d'avoir trois choix, il va avoir une multitude de choix puis ça va faire perdre de la clientèle à des hébergements qui sont classifiés. Donc oui on perd de la clientèle avec l'hébergement illégal, c'est sûr. »

Aurélie Marchand soutient que ce qui coûte le plus cher lorsqu'on opère un gîte ou un autre type d'hébergement ce sont la classification et la promotion.

En plus d'être membre de la CITQ, son gîte est inscrit à l'Association touristique régionale (ATR), à la Véloroute des bleuets et à la navette qui transporte les bagages. Ces engagements engendrent des frais annuels. La tentation de ne pas les payer est grande, d'autant plus que bien des locateurs d'Airbnb reçoivent de nombreux touristes dans défrayer le moindre coût.

La propriétaire du gîte Almatoit croit toutefois que la solution se trouve dans l'information et non pas dans la dénonciation. Elle estime qu'il faut donner aux propriétaires d'hébergement illégal des raisons de se conformer au règlement. Aurélie Marchand rappelle que les amendes peuvent être salées en cas de non-conformité.

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