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Il menaçait de poursuivre le MTQ pour médiatiser sa cause

Il y a quelques jours, Daniel Deschamps menaçait de poursuivre le ministère des Transports (MTQ), après avoir perdu sa fille et sa petite-fille dans l'accident survenu sur la route 155, près de La Tuque au début janvier. Les médias l'ont écouté et ont diffusé son message. Il admet que c'est ce qu'il voulait, même s'il savait que son désir d'intenter une poursuite judiciaire est un rêve impossible.

Un texte de Marie-Pier Bouchard

Depuis 1978, toutes les réclamations pour dommages corporels, psychologiques ou décès à la suite d’un accident de la route doivent être faites directement à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ).

Impossible donc pour les victimes d’accidents de la route ou leur famille d’aller devant les tribunaux civils pour obtenir une indemnité auprès des organisations, des compagnies ou des gens impliqués.

Daniel Deschamps dit qu’il savait.

Quand j'ai dit que j'actionnais le gouvernement, je le savais pour le no-fault. Je voulais médiatiser la cause.

Daniel Deschamps

L'homme de Lac-Bouchette, au Lac-Saint-Jean, affirme que l'accident qui a coûté la vie à sa fille et à sa petite-fille a été causé par un mauvais déneigement et la configuration de la route qu'il juge dangereuse.

Il dit maintenant chercher une faille dans le système qui lui permettrait de pousuivre. « Mais je sais que ça va être très difficile », ajoute-t-il.

Plus de pouvoir aux coroners

L’avocat et ex-ministre libéral, Me Marc Bellemare, bien connu pour son combat contre l’assurance sans égard à la faute, mieux connu sous le nom de no-fault, croit qu'il est grand temps que le gouvernement révise cette loi.

« Quand une victime décède dans un accident de la route causé par l’incurie du ministère des Transports il n’y a pas de solution, c’est tout à fait frustrant », relate-t-il.

Dans le temps que les coroners avaient plus de dents, ce n’était pas long qu'il corrigeait la situation. Ça allait plus vite.

Me Marc Bellemare, avocat

Il suggère ainsi qu’ils retrouvent le pouvoir d’imputer une responsabilité civile ou criminelle.

« Aujourd’hui, ils font des recommandations, mais ne peuvent pas conclure à une responsabilité », rappelle-t-il à propos des coroners.

Me Bellemare rappelle qu’en 1994, le Protecteur du citoyen avait recommandé que le gouvernement du Québec soit imputable à la suite d'accidents de la route afin de permettre aux victimes de poursuivre.

Daniel Deschamps de son côté n’a pas l’intention d’abandonner son combat.

Le rassemblement qu’il organise pour bloquer la route 155 aura lieu le 4 mars.

M. Deschamps dit avoir avisé la Sûreté du Québec (SQ) et avoir lancé l’invitation au ministre de la Santé ainsi qu’au ministre des Transports.

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