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Ingérence du Parti des citoyens de Saguenay à l’hôtel de ville?

Un courriel compromettant émanant de Carol Néron, un des responsables des communications du Parti des citoyens de Saguenay (PCS), recommande ni plus ni moins aux membres du parti de profiter de surplus de 1,5 million de dollars des caisses de la ville pour effectuer des travaux de voirie dans leur district.

C’est le journal Le Quotidien qui a d’abord dévoilé cette histoire. Radio-Canada a aussi obtenu une copie du courriel qui a été envoyé le 31 août 2016 aux conseillers Sylvie Gaudreault, Michel Tremblay, Réjean Hudon, Jacques Cleary, Luc Blackburn, Luc Boivin, Jean-Yves Provencher, Claude Tremblay et Martine Gauthier. Le consultant en communications du PCS, Richard Banford, et le président René-Philippe Harvey ont aussi été joints au courriel.

On demande aux conseillers d’indiquer leurs priorités pour les travaux de voirie dans leur district. On leur dit de s’adresser directement au cabinet du maire, à Frédéric Guérin plus précisément, s’ils ont de l’intérêt pour cet argent.

Le maire se défend

Le maire Jean Tremblay assure que les conseillers du Parti des citoyens de Saguenay n'ont pas été privilégiés lors de la distribution des surplus financiers octroyés à des travaux de voiries l'an dernier.

Jean Tremblay ne conteste pas l'existence du courriel envoyé par l'organisateur de son parti, Carol Néron, mais il indique que ce dernier a outrepassé son mandat.

« Je ne comprends pas de quoi Carol Néron s’est mêlé. De toute façon, ces travaux-là, ils ont été votés à l’unanimité au conseil et la majorité de ces travaux-là ont été faits dans des quartiers qui étaient ceux de Carl Dufour et Jacques Fortin. Ils ne sont même pas membres du parti. Alors, c’est des histoires d’élection là », soutient le maire de Saguenay.

Justement, le conseiller municipal et candidat indépendant à la mairie, Jacques Fortin, fait peu de cas de cet échange controversé.

L’opposition outrée

La chef de l’Équipe du renouveau démocratique (ERD), Josée Néron, juge que la façon de faire du Parti des citoyens de Saguenay est inadmissible.

« Ça démontre de quelle façon le régime actuel permet à un non-élu et même à un stratège politique, de passer par-dessus le conseil et d’aller dicter à la fonction publique, plus particulièrement le service des travaux publics, de quelle façon le calendrier des travaux va se faire. C’est comme si le stratège du Parti libéral au niveau provincial passait par-dessus l’Assemblée nationale pour aller dicter à la fonction publique de quelle façon l’argent public va se dépenser », fait valoir Josée Néron.

Elle estime que l’ensemble de la population de la ville a été touchée par ce stratagème puisqu’il a favorisé certains secteurs au détriment d’autres.

Pour elle, il n’y a pas de doute, il y a eu du favoritisme dans cette histoire. Elle estime que tous les élus auraient dû être mis au courant de l’existence des surplus visant les travaux de la voirie.

Dans une publication Facebook, le candidat indépendant à un poste de conseiller dans l'arrondissement de Jonquière, Charles Cantin, ne mâche pas ses mots et parle de « ganstrérisme ».

En entrevue, Charles Cantin parle de figure de style pour expliquer les mots qu'il a choisis. « Si on ferme les yeux là-dessus, c'est qu'on ferme les yeux sur absolument tout. Il se passe des choses pour le moins curieux, c'est sûr que je vais poser des questions », a tout de même précisé Charles Cantin.

Le chef du PCS réagit

Le chef du Parti des citoyens de Saguenay a réagi à l'histoire du courriel compromettant.

Jean-Pierre Blackburn refuse de condamner haut et fort son équipe. Il admet du bout des lèvres qu'il s'agit d'un incident malheureux. Il jette la faute de cette affaire qui éclabousse son parti sur l'Équipe du renouveau démocratique.

« Je crois qu’il y a une personne qui devrait se dire ce soir "par ma faute, par ma faute, par ma très grande faute" et c’est la chef de l’ERD, Mme Josée Néron qui, depuis quelques années, de par son attitude de confrontation, le climat de confrontation qu’elle a généré à l’hôtel de ville et une partisanerie qui a amené ce genre de situation », argue Jean-Pierre Blackburn.

Il rappelle qu'il n'était pas encore chef du PCS lors de l'envoi du courriel en août dernier. Il indique qu'il ne souhaite pas agir de cette manière et assure qu'il veut faire des changements s'il est élu.

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