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L’aide médicale à mourir est apprivoisée dans la région

Offerte au Saguenay-Lac-Saint-Jean depuis décembre 2015, l'aide médicale à mourir connaît une croissance régulière depuis cette date.

Un texte de Louis-René Ménard

Selon les données du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean, 17 requêtes d’aide médicale à mourir ont été enregistrées dans les six derniers mois de 2017, par rapport à 15 pour la même période en 2016.

Selon le rapport déposé mercredi soir au conseil d’administration du CIUSSS, « l’acceptabilité sociale et la capacité de l’établissement à mettre en œuvre l’application de la loi ont fait varier la situation et permettent de voir apparaître des tendances ».

Mais selon la directrice adjointe à la direction des services professionnels au CIUSSS, Dre Céline Benoît, après seulement un peu plus de deux ans, il est clair qu’il ne s’agit pas encore d’une tendance lourde, mais les chiffres correspondent à ce qui était anticipé.

Le processus de l’aide médicale à mourir

Dre Benoît a expliqué que lorsqu’un malade sollicite l’aide médicale à mourir sa requête est d’abord évaluée par son médecin traitant qui regarde s’il répond aux critères exigés par la loi.

Un deuxième médecin, totalement indépendant, doit donner aussi son opinion sur le respect ou non des critères, mais ce n’est pas lui qui va administrer l’aide à mourir au patient le cas échéant.

« Pour la non-administration, il y a plusieurs situations qui peuvent arriver. Soit que le patient ne répond pas aux critères. Un des critères entre autres, c’est que le patient doit être lucide jusqu’à la fin. Alors, parfois avec la médication ou la maladie qui évolue, les patients ne sont plus aptes à consentir jusqu’à la dernière minute. Il y a aussi des patients qui ont changé d’idée ou qui sont décédés en cours de processus », mentionne la docteure Benoît.

Elle a indiqué que les personnes qui demandent l’aide médicale à mourir doivent être en fin de vie.

Elle a ajouté que si les médecins avaient beaucoup de réticences et de craintes au départ, elles se sont atténuées avec la démystification de l’aide médicale à mourir.

La loi sur les soins de fin de vie

La Loi concernant les soins de fin de vie a été adoptée par l’Assemblée nationale du Québec le 5 juin 2014 et sanctionnée le 10 juin.

Les dispositions de la loi sont entrées en vigueur le 10 décembre 2015.

La Loi a institué la Commission sur les soins de fin de vie dont l’un des mandats est de surveiller l’application des exigences particulières relatives à l’aide médicale à mourir.

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