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L’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador se porte à la défense de l’école autochtone de Saguenay

EXCLUSIF - La seule école autochtone hors réserve du Québec reçoit un appui de taille de l'organisme qui représente les Premières Nations au Québec, alors qu'elle est vouée à la fermeture.

Un reportage de Catherine Paradis

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay a décidé, la semaine dernière, de mettre fin au projet Tshiueten par manque de financement. Il s'agit de la première école primaire autochtone à l'extérieur d'une communauté amérindienne.

Mais voilà que le chef de l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador, Ghislain Picard, a écrit au ministre de l’Éducation pour réclamer le prolongement du projet autochtone unique au Québec.

Il est inconcevable de constater que le projet Tshiueten qui représente un exemple concret d’adaptation culturelle de services pour les jeunes Autochtones et leurs familles cessera après seulement cinq mois de fonctionnement.

Extrait de la lettre de Ghislain Picard

M. Picard trouve notamment surprenant que la décision de fermer l’école autochtone ait été prise au moment même où se tenaient à Québec des consultations publiques sur le plan d’action autochtone, auxquelles participait le ministre Sébastien Proulx.

« Je ne peux faire autrement que de percevoir une contradiction certaine entre l’arrêt du projet Tshiueten et cette consultation qui poursuivent pourtant tous les deux les mêmes objectifs », écrit Ghislain Picard.

Le chef réclame une rencontre avec le ministre dans les plus brefs délais pour explorer les pistes de solutions en vue de poursuivre le projet Tshiueten.

Lueur d’espoir pour les parents

Cet appui de taille arrive comme une bouffée d’air frais pour les parents des 20 écoliers autochtones.

« Nous les Autochtones, on n’est pas souvent entendus à notre juste valeur. Avec ce projet-là, on s’est dit, enfin on peut faire quelque chose, on commence à avoir une ouverture par rapport à nos besoins. Mais là, ça ferme après un an », se désole Danysa Régis Labbé.

Ils peuvent être qui ils sont. Ils n'ont pas peur du jugement, de l'intimidation raciale, ça permet à l'enfant d'être qui il est sans avoir peur.

Danysa Régis Labbé, maman de Shanianne, quatre ans

Après avoir fait toute sa garderie en français, sa fille Shanianne a finalement réussi à apprendre l’innu grâce à l’école maternelle autochtone.

Danysa Régis Labbé était dévastée d’apprendre la fin du projet.

« J'ai vu des photos d'une activité culturelle qu'ils avaient faite et ça m'a touchée de voir que c'est ce qu’on va couper aux enfants, de pouvoir faire des activités comme ça. J'ai juste pleuré », raconte-t-elle.

Le ministre invite les parties à discuter

À la suite de la lettre qu'il a reçue, le ministre Sébastien Proulx somme les partenaires de se rencontrer pour, selon son bureau, trouver une solution.

Le Centre d’amitié autochtone du Saguenay (CAAS), partenaire du projet Tshiueten, pense aussi qu'il y a matière à discussion.

« Le Centre d’amitié et le Conseil d’éducation des Premières Nations insistent pour que la Commission scolaire revienne à la table des partenaires pour explorer ce qui peut être fait pour maintenir le projet en respect avec un montage financier qui est viable », mentionne le directeur général par intérim, Gilles Routhier, qui demeure optimiste.

Une première rencontre pourrait avoir lieu dès la fin du mois.

Le ministre Proulx ne prévoit pas être présent à cette réunion, mais son bureau a entamé des démarches pour organiser une rencontre avec le chef Ghislain Picard au sujet du projet Tshiueten.

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