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L’avenir de la nappe phréatique inquiète les résidents de Laterrière

Les citoyens du secteur de Laterrière se montrent inquiets face au projet d'utilisation de l'eau pour alimenter le parc industrialo-portuaire de Grande-Anse et une partie résidentielle de l'arrondissement de La Baie.

Un texte de Louis-René Ménard

Ils étaient près de 150 à s’être déplacés mardi soir à la salle communautaire de Laterrière pour assister à une rencontre d’information organisée par la Ville de Saguenay portant sur l’alimentation en eau du projet d’usine de traitement du minerai de BlackRock et les problèmes d’eau qui affectent depuis de nombreuses années une partie de l’arrondissement de La Baie.

La mairesse Josée Néron était accompagnée du conseiller municipal Michel Potvin, de professionnels de la Ville et de Promotion Saguenay, de même que de consultants.

Pour réaliser ces projets, Saguenay a besoin de 1700 mètres cubes d’eau/heure sur une base continuelle.

Une partie, soit 800 mètres cubes, serait destinée à alimenter le parc industrialo-portuaire de Grande-Anse, notamment la future usine de BlackRock. L’autre partie de 900 mètres cubes d’eau/heure est destinée à régler les problèmes d’eau potable à La Baie.

La mairesse de Saguenay a expliqué que deux scénarios seraient envisagés. L’eau à des fins industrielles serait canalisée à partir de la rivière Chicoutimi jusqu’au parc industriel de Grande-Anse, tandis que l’eau pour la population de La Baie proviendrait de la nappe phréatique de Laterrière.

La mairesse estime que l’option industrielle reçoit un bon accueil.

« Les gens trouvent que la Ville a fait une bonne démarche. La recherche est intéressante, justement pour éviter d’aller prendre de l’eau potable pour un traitement industriel », estime Josée Néron.

Des citoyens inquiets

Malgré tout, les citoyens présents à la rencontre d’information avaient beaucoup d’inquiétudes et d’interrogations, surtout sur l’impact du prélèvement d’eau sur la nappe phréatique.

Plusieurs résidents de Laterrière et du secteur du Portage-des-Roches ont souligné connaître des problèmes d’eau potable depuis de nombreuses années, sans que la ville ne s’y intéresse, alors qu’elle veut maintenant régler l’alimentation en eau de La Baie en allant chercher cette eau dans la nappe phréatique de Laterrière.

Pourquoi l’option d’une usine de dessalement de l’eau de la rivière Saguenay n’est-elle pas envisagée pour répondre aux besoins industriels, ont soulevé plusieurs citoyens?

Selon le conseiller Michel Potvin, c'est parce qu’il n’y a pas d’expertise dans ce domaine au Québec. Les contraintes techniques seraient donc importantes et les coûts de construction et d’opération seraient quant à eux élevés.

Quatre scénarios ont été présentés lors de cette soirée d’information. Leur coût de réalisation varie de 44 à 55 millions de dollars.

La mairesse de Saguenay s’est montrée très satisfaite de l’intérêt de la population.

« La démarche ce soir, c’est justement pour venir chercher les appréhensions des gens, leurs interrogations, et pour voir à ce que l’analyse puisse répondre à ces interrogations-là, parce que nous aussi on les veut ces réponses-là », a déclaré Josée Néron.

La Ville de Saguenay prévoit que le rapport final sur les divers scénarios sera déposé au mois de juin.

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