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L’école autochtone de Saguenay fermera ses portes à la fin de l’année scolaire

EXCLUSIF - Après avoir ouvert la première école autochtone hors réserve au Québec, la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay annonce maintenant qu'elle met fin au projet Tshiueten pour des raisons financières.

Texte de Catherine Paradis

Des parents ont été furieux d’apprendre mercredi que leur enfant ne pourrait pas retourner à l’école autochtone l’an prochain.

Cette école primaire a ouvert ses portes en septembre dernier pour favoriser la réussite scolaire des jeunes autochtones de la maternelle à la deuxième année, en intégrant l’apprentissage des langues et de la culture autochtone.

Ce n'est pas de gaieté de cœur que la décision s’est prise, je vous dirais même que c'est déchirant.

Antonin Simard, président, CS des Rives-du-Saguenay

La résolution, adoptée à l’unanimité lors de la réunion des commissaires mardi soir, stipule que les coûts de cette école spécialisée dépassent les prévisions et que ce n’est pas viable à plus long terme.

Besoins particuliers

Selon la commission scolaire, les besoins d’aide spécialisée pour les 20 élèves autochtones ont été sous-estimés au départ.

« C’est l’ajout d’orthophonistes, de travailleurs sociaux ou d’orthopédagogues. Et quand on fait l’analyse des coûts de ce projet-là, ce sont des dépenses qu’on ne peut pas se permettre », explique la directrice générale, Chantale Cyr.

Le coût par élève serait six fois plus élevé à l’école autochtone que celui d’un élève en classe ordinaire.

Jusqu’à maintenant, le projet Tshiueten a coûté 335 000 $. La facture de la commission scolaire s’élève à 150 000 $, ce à quoi s’ajoute une subvention provinciale de 205 000 $, jusqu'à la fin de l’année.

Cette subvention du ministère de l’Éducation n’a pas été renouvelée pour l’année scolaire 2017-2018.

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay soutient qu’il lui aurait été impossible d’assumer tous les frais reliés au projet Tshiueten l’an prochain.

150 000 $ pour ce projet-là c'est une chose, mais de savoir que l'an prochain ça va couter 450 000 $, c'en est une autre.

Chantale Cyr, directrice générale, CS des Rives-du-Saguenay

Étonnement et déception chez les Autochtones

Le Centre d’amitié autochtone du Saguenay, qui est l’un des quatre partenaires du projet Tshiueten, a été informé au lendemain de la décision.

L’organisme est étonné et déçu de ce revirement après cinq mois.

Le centre avait entamé des démarches de rétroaction auprès des parents et espérait ainsi encore recevoir du financement gouvernemental pour poursuivre le programme autochtone.

Une rencontre de parents est toujours prévue pour dimanche, afin d’évaluer les options.

Possibilités de relance

Cinq à six nouvelles familles avaient manifesté l’intérêt d’intégrer l’école Tshiueten l’an prochain.

La Commission scolaire des Rives-du-Saguenay soutient que le projet pourrait être maintenu si du financement récurrent devenait disponible.

« Il y a un engouement de la part des parents, les jeunes s’épanouissent bien dans le milieu et il y a un attrait pour ces jeunes-là et leur famille. On se serait permis au moins de le poursuivre un certain temps pour évaluer et savoir si oui, c’est un plus au niveau de la réussite », assure la directrice générale Chantale Cyr.

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