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L'homme derrière les succès de Marianne St-Gelais cette saison

Il n'y a pas que Charles Hamelin qui entretient une relation privilégiée avec Marianne St-Gelais autour des bandes. Durant la dernière saison, avant que la patineuse saute sur la glace, son psychologue sportif Fabien Abejean la crinquait. Un leitmotiv bien précis. Une nouvelle stratégie en vue des Championnats du monde.

Un texte de Jean-Patrick Balleux

« Notre mot est agressivité. Avec ce mot, je pense à moi, à mon bien-être, à mes courses, à faire la différence entre la Marianne gentille hors glace et la Marianne agressive sur glace », raconte St-Gelais, qui vient de conclure la meilleure saison de sa carrière avec 11 médailles individuelles en 12 épreuves de Coupe du monde.

Le défi, comme elle n'y est jamais arrivée auparavant, est de transférer ces succès jusqu'aux Championnats du monde de courte piste à Séoul, en Corée du Sud, du 11 au 13 mars.

« Fabien ne met aucun mot dans la bouche, c'est nous qui faisons le travail, explique la médaillée d'argent des Jeux de Sotchi au relais. Je suis une personne extrêmement sensible. Le côté émotif prenait souvent le dessus sur les courses.

« Quand je regardais Charles et qu'il avait une malchance, qu'il tombait, ou au contraire, qu'il avait une très grande réussite, ça me mettait dans un état où je ne pensais plus à moi. On a travaillé à ramener ces situations à ma performance, à mes choses à moi, à ce que moi je veux faire au lieu de penser à tout le monde. »

L'un des deux entraîneurs de l'équipe féminine, Frédéric Blackburn, est satisfait d'avoir obligé les athlètes à performer sous la pression durant la saison.

« Avant la Coupe du monde à Montréal, chaque athlète a dû donner son objectif au public. En disant qu'il voulait gagner une médaille, il s'engageait vis-à-vis beaucoup de monde, comme dans le sport professionnel. Ce fut positif malgré quelques moments difficiles pour quelques patineurs moins habitués à ça. L'objectif n'était pas de gagner la médaille, mais d'appliquer les trucs pour y arriver », conclut Blackburn, qui a toujours patiné pour gagner dans les années 1990.

Si l'équipe féminine vise trois médailles individuelles (zéro en 2015) et au moins une 2e place à Séoul, il est clair que Marianne St-Gelais a la mission d'y remporter au moins un titre de championne du monde sur l'une des distances individuelles. Pariez sur le 500 m. Valérie Maltais et Kasandra Bradette l'accompagneront sur les distances individuelles pendant qu'Audrey Phaneuf et Namasthée Harris-Gauthier feront les relais.

Trip à deux chez les hommes

Chez les hommes, le défi est différent. En raison des performances difficiles des Canadiens aux mondiaux l'an passé, Samuel Girard et Charles Hamelin seront les deux seuls représentants dans les distances individuelles. Ils doivent se classer parmi les 16 meilleurs patineurs au classement cumulatif afin de retrouver une troisième place aux mondiaux de 2017.

Charle Cournoyer, Sasha Fathoullin et François Hamelin compléteront l'équipe canadienne masculine pour les épreuves de relais.

« Je veux revenir avec le titre de champion du monde. L'an passé, je suis passé proche. Une malchance au 1000 m m'a fait perdre beaucoup de points », explique Charles Hamelin.

Ce dernier se sent en pleine forme et souhaite donner au Canada un premier titre de champion du monde depuis celui de Marc Gagnon en 1997.

« Ma job est d'être le champion du monde. L'an passé, j'ai fini 4e. La pression de bien faire pour avoir un troisième patineur (en 2017) n'est pas là pour moi. Moi, je veux bien faire et ça, ça aidera l'équipe », conclut Hamelin.

Le patineur de Sainte-Julie compte également sur le 1er rang actuel des Canadiens au relais pour décrocher le titre.

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