Les cas de harcèlement sexuel et d'agressions n'épargnent pas l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Pour sensibiliser la communauté universitaire à cette réalité, l'université et son association étudiante (MAGE-UQAC) lancent une campagne vidéo.

Près de 35 % de la communauté universitaire à l’UQAC se dit victime de harcèlement, révèle une enquête récente sur la sexualité, la sécurité et les interactions en milieu universitaire, réalisée par le MAGE-UQAC.

Mais les actions se multiplient pour changer la situation, notamment avec cette campagne vidéo.

« Le consentement en fait c'est un oui catégorique. On fait porter la responsabilité de l'agression sur le dos de la victime parce que c'est tellement facile. "Qu'est-ce qu'elle portait? Est-ce qu'elle a essayé de nous tenter?" À un certain point, la société se ferme les yeux », peut-on entendre dans la vidéo pour contrer les violences à caractère sexuel où témoignent étudiants et membres du personnel de l’UQAC.

Les partys d'université sont un terreau fertile aux dérapages. Environ 50 % des agressions sexuelles impliquent une consommation d'alcool.

« Des gens qui vont avoir tendance à avoir des manques de respect, ou qui vont être plus agressifs, des fois ça va augmenter en état d'intoxication. Ça ne justifie aucunement une violence à caractère sexuel, mais dans un contexte d'alcool, dans un contexte de party, on sait qu'il y en a plus », fait remarquer Isabelle Laforest, sexologue.

L'université a pris les grands moyens en ciblant le Baruqac et les soirées festives. Les agents de sécurité sont plus nombreux et il y a des intervenants pour agir en cas de problème.

Depuis l'automne, l'université utilise la méthode Angelot, un cocktail à commander qui agit comme un signal de détresse.

En six mois, la méthode Angelot n’a pas encore été sollicitée.

« On pense que c'est bon signe. Mais on ne se ferme pas les yeux non plus à savoir : "est-ce que ça ne se passe pas au Baruqac?" On sait que probablement qu'il y a des problèmes », souligne David Girard.

Sans tomber dans la paranoïa, la campagne « Sans Oui, c'est Non » vise surtout à éduquer la population à la notion de consentement, un peu à l'image d’une partie de ping-pong.

« On lance la balle et elle revient. Si elle ne revient jamais, ben là ça peut devenir du harcèlement. », ajoute Isabelle Laforest.

D'après le reportage de Priscilla PLamondon-Lalancette

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