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La détention d’Yves Martin est contestée

Yves Martin, emprisonné depuis l'accident qui a tué Vanessa Viger, Matthieu Perron et leur garçon de 4 ans le 1er août, pourrait bien recouvrer sa liberté.

Un texte de Véronique Dubé

Son avocat, Me Jean-Marc Fradette, a déposé une requête en Cour supérieure pour qu'une nouvelle enquête soit tenue. Selon le document, le juge Michel Boudreault aurait commis une erreur lorsqu'il a décidé de laisser l'accusé en prison le temps des procédures judiciaires.

La journée avant de rendre son jugement, le magistrat aurait contacté l'enquêteur en scène d'accident de la Sécurité publique de Saguenay, Pierre Girard. Il aurait demandé au policier si la ligne tracée sur la route dans le rang Saint-Paul était double ou pointillée. Il s'agit d'un détail qui n'était pas ressorti dans le cadre de l'enquête sur remise en liberté devant le tribunal.

Rappelons que des témoins ont révélé avoir vu le chauffard effectuer des dépassements illégaux juste avant la collision.

Selon Me Jean-Marc Fradette, le comportement du juge est illégal. Normalement, un magistrat doit toujours passer par la direction des poursuites criminelles pour obtenir la preuve retenue contre un accusé. Me Fradette rappelle que le juge ne peut faire enquête lui-même.

L'avocat d'Yves Martin se dit outré. Il est maintenant convaincu que le juge était partial. C'est pourquoi Me Fradette dépose une requête en « habeas corpus » devant la Cour supérieure afin que la détention de son client soit déclarée illégale. Il s'agit d'une procédure d'urgence possible en vertu de l'article 774 du Code criminel et 24 (1) de la Charte canadienne des droits et libertés. Cette étape inattendue pourrait provoquer la tenue d'une seconde enquête sur remise en liberté.

De plus, selon le criminaliste, la famille d'Yves Martin n'exclut pas la possibilité de porter plainte au Conseil de la magistrature contre le juge Michel Boudreault.

Yves Martin est accusé de conduite dangereuse avec les facultés affaiblies causant la mort de la famille Viger-Perron en août dernier. Le juge Michel Boudreault avait justifié la détention de l'accusé pendant les procédures judiciaires en expliquant qu'il ne croyait pas aux bonnes intentions exprimées lors de l'enquête sur remise en liberté.

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