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La fin du rêve soviétique de Valeriy Gensytskyy

Valeriy Gensytskyy a quitté son pays, l'Ukraine, en 1999 pour s'installer à Saguenay avec l'espoir d'une vie meilleure. À ce moment, cela faisait huit ans que le président de l'URSS, Mikhail Gorbatchev, avait annoncé sa démission.

Un texte de Mélissa Savoie-Soulières

L'URSS éclate après cette démission annoncée le 25 décembre 1991. C’est aussi la fin du monde divisé en deux grands blocs.

Pour Valeriy Gensytskyy, c'est la fin du rêve soviétique.

On est rentré en décembre 1991 avec grand espoir, mais on a payé pour cet échec pendant une décennie.

Valeriy Gensytskyy

« Ce n’était pas le chemin vers la prospérité, mais un chemin vers la démolition, vers la misère, vers la pauvreté », explique l’Ukrainien.

Il a déménagé dans l’arrondissement de Chicoutimi à Saguenay avec sa femme et ses trois enfants. Il travaille maintenant dans le domaine de l’informatique.

Autrefois professeur de sciences physiques et d’astronomie, il enseigne aussi le russe à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC). Il fait partager à ses étudiants son amour pour sa langue et son pays.

L’éclatement de l’URSS vu d’ici

En arrivant au Québec, l’Ukrainien s'est lié d'amitié avec Michel Roche.

Le professeur de l’UQAC étudiait à Moscou en 1991.

La monnaie russe, le rouble, était alors en chute libre, ce qui donnait un important pouvoir d'achat aux Occidentaux.

« On pouvait manger dans de grands restaurants de l'État avec caviar et champagne pour 2 dollars, mais, de l'autre côté, il y avait nos propres enseignants qui souffraient terriblement des conditions dans lesquelles se trouvait l'économie du pays », raconte le professeur.

Les Soviétiques devaient composer avec des pénuries dans les magasins.

On m'avait donné une carte de résident de Moscou. Ça me permettait d’acheter des oeufs. Pourquoi? Parce que les oeufs de Moscou, on les réservait aux Moscovites, puisque les gens de l'extérieur pouvaient venir acheter les oeufs de Moscou.

Michel Roche, professeur, UQAC

La Russie remonte la pente

Professeur de science politique de l’UQAC, Michel Roche étudie toujours la Russie. Il y a d’ailleurs amené plusieurs étudiants.

« Ça fait environ deux ans que la Russie a rattrapé le niveau de vie de l'année 1990. […] Et on parle d'une moyenne parce que les inégalités sont beaucoup plus fortes aujourd'hui », constate le professeur.

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